À propos

Portrait d' Aliane UMUTONIWASE

Que puis-je dire de moi ?

On se présente généralement par son nom, sa date de naissance, sa profession, parfois son statut matrimonial. Comme si quelques renseignements bien rangés suffisaient à dire quelqu’un. Je pourrais commencer ainsi. Mais je ne suis pas certaine que ce soit là que commence une personne. Je vais tout de même essayer.

Je m’appelle Aliane UMUTONIWASE.

Ce nom a déjà une histoire. Je le porte depuis ma naissance, mais mon prénom, lui, a changé en chemin. Je suis née Ariane et, pour une raison quelque peu farfelue que je raconterai peut-être un jour, j’ai fini par laisser Ariane devenir Aliane.

Je suis née en Afrique. En Afrique de l’Est, plus précisément, dans un petit pays à l’histoire immense et douloureuse : le Rwanda.
Je suis née dans l’est du pays, là d’où vient ma mère. Mon père, lui, vient du Sud. Mais c’est à Kigali, la capitale, que j’ai grandi. 

Je suis une fille devenue femme. Une femme qui écrit, voyage, observe et essaie de comprendre ce que la vie laisse derrière elle.

J’écris depuis que je sais écrire.

Quant à ce que je fais dans la vie, la réponse est devenue moins simple. L’administration pourrait me qualifier de demandeuse d’emploi. Moi, je préfère dire qu’en ce moment, je travaille dans l’industrie du rêve.
J’en poursuis quelques-uns. J’en construis d’autres. Et j’essaie encore de comprendre lesquels méritent que l’on y consacre une vie.

La vie m’a d’abord faite son enfant, puis celle de mes parents, puis celle d’un pays : le Rwanda. Pourtant, aussi loin que je me souvienne, mon imagination m’a toujours donné une patrie plus vaste : la Terre, et l’humanité pour famille.

À l’aube de mes vingt et un ans, je suis venue en France. Je me suis installée dans le Sud-Ouest, à Bordeaux.
J’y ai vécu.
J’y vis encore.
Mais tout cela ne dit peut-être pas encore pourquoi vous me trouvez ici.

Pourquoi écrire ?

Qu’est-ce qui pousse une jeune femme à vouloir créer un blog ? Parfois, c’est tout bête. C’est un cœur brisé qui dit adieu à un amour mal vécu, mal compris, parce que mal acquis, construit sur les bases fragiles d’un secret et d’un interdit.

C’est une amitié laissée à l’abandon parce qu’elle faisait trop souffrir, mais qui laisse, au milieu de cet océan de larmes, le souvenir d’une enfant qui, autrefois, fredonnait des chansons mélancoliques avant même de savoir les écrire.

Puis, quand elle a su écrire, elle a composé des chansons.

Plus tard, elle a eu honte de se considérer comme une écrivaine.
Honte de porter de si grands rêves.
Honte, peut-être, de vouloir sortir du rang trop tôt.

Alors elle a oublié.

Elle a poursuivi le chemin tracé pour son bien par ceux qui lui avaient donné le jour. Elle a avancé comme on avance lorsque l’on croit que la vie suivra, à peu près, le plan que l’on avait imaginé pour elle.

Jusqu’à ce qu’elle ne se passe plus tout à fait comme prévu.

Jusqu’à ce que le cœur, autrefois vivant et intact, saigne.

Et qu’en exprimant un chagrin que les mots eux-mêmes peinaient à contenir, ce cœur réveille d’autres blessures, plus anciennes encore.

Jusqu’à lui intimer de retourner chercher l’enfant qu’elle avait laissée quelque part derrière elle.

Cette enfant qui chantait mélancoliquement après la guerre.
Cette enfant qui connaissait déjà la tristesse avant d’en connaître le nom.
Cette enfant qui possédait une profondeur qu’elle avait ensuite appris à oublier.

Pourquoi Parlons de la vie ?

Parlons de la vie est né dans une période où je pensais avoir tout perdu. Je n’avais presque plus rien.

Il me restait les mots.
Il me restait les questions.
Il me restait cette étrange nécessité de comprendre.
Et peut-être fallait-il perdre certaines choses pour retrouver celle que j’avais abandonnée depuis longtemps.
L’enfant qui écrivait.
L’enfant aux rêves trop grands.
Celle que j’avais enterrée parce que j’avais eu peur de ce qu’elle voulait devenir.
Créer ce blog, ce fut peut-être cela : renaître en remettant au monde l’enfant que j’avais moi-même enterrée.

Depuis, les années ont passé.
Le cœur brisé qui a donné naissance à ce blog a continué de battre. Il a aimé autrement, perdu autrement, voyagé, cru, douté, attendu, recommencé.
Et Parlons de la vie a grandi avec lui.
J’y parle encore de moi, forcément. Mais je crois que je n’ai jamais voulu parler seulement de moi. Je parle de ce que nous faisons de nos blessures, des personnes que nous aimons, du temps qui passe, des lieux que nous traversons et qui continuent parfois de nous habiter longtemps après notre départ.

Je parle du Rwanda et de la France.
Des voyages.
De poésie.
De foi et de doutes.
De famille.
D’amour.
De départs et de retours.
Des petites choses qui semblent insignifiantes jusqu’au jour où l’on comprend qu’elles constituaient une vie.

En quelques faits

Une année d’études de sage-femme, un master en biochimie et biologie cellulaire appliquée, une formation d’attachée de recherche clinique et une formation aux droits humains avec Amnesty International.

Aujourd’hui, je me tiens quelque part entre l’écriture, la recherche et le prochain chapitre.

Un livre déjà publié : La Vie en Douceur et en Douleur.

Entre le Rwanda et la France, entre poésie et philosophie, j’écris ce que le voyage laisse derrière lui : des questions plus que des réponses, des fragments de vie que l’on essaie de comprendre en les écrivant.
Je ne sais toujours pas exactement ce qu’est la vie.
C’est peut-être pour cela que j’écris encore.

Parlons de la vie.
Eh bien, parlons-en.

Aliane UMUTONIWASE