Ayant grandi dans la foi catholique, j’accueille cette semaine avec une intériorité plus vive qu'à Noël ou toute autre fête, elle me touche. Peut-être parce qu’elle met à nu l’humanité, dans ce qu’elle a de fragile, de traître, de fidèle, d’héroïque parfois.
Dans la Passion de Jésus, je ne me projette pas en lui.
Je me reconnais dans ceux qui l’entourent, le condamnent, le soutiennent, l’abandonnent.
Je suis Pierre, qui l’a renié trois fois (Luc 22, 61).
Je suis Jean, qui l’a suivi de loin jusqu’à la croix (Jean 19, 26-27).
Je suis Judas, qui l’a trahi d’un baiser (Matthieu 26, 47-50).
Je suis Simon de Cyrène, contraint mais présent, qui l’aidait à porter la croix (Luc 23, 26).
Je suis la foule, changeante, qui criait : « Crucifie-le ! » (Luc 23, 21).
Je suis Pilate, lâche, lavant ses mains mais non sa conscience (Matthieu 27, 24).
Je suis Véronique, selon la tradition, qui essuie un visage plein de sang.
Je suis Marie, silencieuse, debout dans la douleur.
Je suis ces femmes à qui Jésus dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi. Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants. » (Luc 23, 28).
La Semaine sainte me révèle à moi-même. Elle met à nu mes manques, mes fuites, mes élans aussi. L’acte du Christ m’émeut, me dépasse, me redonne souffle.
Même sans être croyant, il me semble qu’on peut y voir une histoire belle, tragique, profondément humaine et, peut-être, une forme d’espérance.
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