Bordeaux : quoi y faire 

Après mon article sur la croisière sur la Garonne ( que vous pouvez trouver ici), une idée m’a traversé l’esprit : rester dans la même veine et continuer à parler de la ville autrement. Cette fois, pas depuis l’eau mais les pieds bien ancrés sur terre. C’est ainsi que j’ai pensé à deux activités que j’ai testées récemment : une exposition étonnante d’art en Lego et un musée immersif consacré aux sciences. Deux expériences très différentes, mais qui ont en commun d’éveiller la curiosité. (voici l’article en anglais: ici)

1. Art of the Brick : Quand les Lego deviennent de l’art

Il existe des expositions qui surprennent dès les premières minutes, et Art of the Brick en fait partie. Installée dans l’impressionnante Base sous-marine, elle présente les créations de Nathan Sawaya, un ancien avocat qui a choisi de tout quitter pour se consacrer à sa passion : les Lego. Aujourd’hui, il est reconnu dans le monde entier pour ses sculptures monumentales qui transforment ce simple jouet en véritable œuvre d’art.

Les chefs-d’œuvre revisités

Parmi les pièces les plus impressionnantes, on retrouve des œuvres que tout le monde connaît : la Joconde de Léonard de Vinci, la Nuit étoilée de Van Gogh, le Penseur de Rodin, le David de Michel-Ange, ou encore le Baiser de Klimt, pour ne citer qu’eux. Les voir reconstruits uniquement avec des briques Lego est à la fois surprenant et fascinant. À distance, certaines reproductions se confondent presque avec l’original.

Le corps humain en Lego

L’exposition ne s’arrête pas aux chefs-d’œuvre de la peinture et de la sculpture. Nathan Sawaya a aussi exploré l’anatomie humaine en recréant des organes : cœur, cerveau, poumons, foie, colonne vertébrale, main… Chaque pièce est étonnante par son réalisme et donne l’impression de redécouvrir nos cours de biologie, mais cette fois à travers des briques colorées.

Et puisque les mots ne suffisent pas, place aux images : à vous de voir si ces organes en Lego sont aussi impressionnants que je les ai trouvés.

Les œuvres introspectives

Au-delà des grands classiques et des représentations scientifiques, certaines créations touchent à l’intime. Yellow l’un des symboles de l’exposition – montre un homme qui s’ouvre la poitrine pour laisser s’échapper ses Lego. D’autres, comme Mask ou Dark Despair, parlent de ce que nous cachons aux autres ou de nos moments de fragilité. Ces œuvres donnent à l’exposition une dimension plus personnelle et invitent chacun à y projeter sa propre expérience.

Je vous laisse découvrir en images ces œuvres qui, au-delà des Lego, racontent aussi un peu de nous-mêmes.

Conclusion

L’exposition se termine sur une œuvre forte et sur les propres mots de Nathan Sawaya. Son parcours rappelle qu’il est possible de quitter une vie toute tracée pour suivre une passion et en faire un métier. Une manière inspirante de conclure la visite, qui donne envie de croire qu’oser ses rêves est toujours possible.

Gray: Il est difficile de franchir le pas. Avant j’étais avocat. Rien de mal à cela, mais j’ai toujours su qu’il y avait un artiste caché en moi. J’ai décidé un jour de le révéler, et j’ai laissé derrière moi ma vie antérieure.

2. Science Expériences : La science autrement

Après l’art, place aux sciences. Science Expériences est un musée immersif qui prouve qu’apprendre peut aussi être ludique. Ici, impossible de rester simple spectateur : on touche, on teste, on rit, on s’étonne. J’ai pu m’allonger sur un lit de fakir, voir mes cheveux se dresser avec l’électricité, observer le gaz carbonique se transformer sous mes yeux, et même voyager en réalité virtuelle. Chaque salle propose son lot de surprises, et l’on ressort avec le sentiment d’avoir appris sans jamais s’ennuyer.

La salle des astronautes

C’est l’une des sections les plus marquantes. Dans une ambiance sombre, éclairée de lumières bleutées, on plonge dans l’univers spatial. Une balance permet de découvrir combien on pèserait sur d’autres planètes. Résultat : sur la Lune je ne pèserais que 12,9 kg, sur Mars 29,7 kg, mais sur Jupiter… 198,8 kg ! De quoi relativiser notre rapport au poids !

On apprend aussi des anecdotes fascinantes : une combinaison spatiale pèse environ 110 kg et comporte 18 couches de protection. Elle recycle l’eau, l’urine et la sueur pour prolonger la survie des astronautes. Les projets actuels, comme Artemis, visent à installer une station orbitale lunaire appelée Gateway, tandis que la mission ExoMars Rosalind Franklin (prévue pour 2028) cherchera des signes de vie sur Mars grâce à un rover capable de forer jusqu’à 2 mètres sous la surface.

Un voyage à travers les sciences

Après la salle des astronautes, nous avons enfilé un casque de réalité virtuelle pour voyager à travers le système solaire. Chaque planète y était présentée, puis les étoiles et les galaxies. Une immersion qui donne le vertige face à l’immensité de l’univers.

La salle suivante nous a plongés dans les abysses océaniques. On y apprend l’existence de plusieurs couches de profondeur, chacune avec ses espèces et ses mystères. L’équilibre entre pressions intérieure et extérieure y est expliqué simplement, grâce à des expériences comme celle du ballon plongé dans l’eau. L’idée est claire : descendre dans les profondeurs exige une technologie précise pour éviter tout danger.

Puis vient la salle du cerveau. On peut tester le lit de fakir pour mesurer la douleur, poser des électrodes sur son front pour analyser ses émotions (le résultat apparaît sous forme de fleur colorée : vert pour les émotions positives, rouge pour les négatives). La mienne était composée de toutes les couleurs, un bouquet entier. Une expérience sur le rire complète le dispositif, même si je n’ai pas eu l’occasion de la tester.

Un moment fort de la visite a été la découverte des aurores boréales. Allongés dans une salle obscure, on apprend leur formation : les particules solaires qui heurtent l’atmosphère terrestre, les couleurs qui varient selon l’altitude et les atomes excités (vert pour l’oxygène, mauve pour le diazote, rouge à haute altitude). On découvre aussi que d’autres planètes comme Jupiter et Saturne connaissent leurs propres aurores, parfois encore plus spectaculaires que les nôtres.

Le parcours se poursuit par un long couloir consacré au climat. Une distinction claire est faite entre météo et climat : l’une se mesure à court terme (jours à semaines), l’autre sur des décennies. On y comprend le rôle du CO₂ : une partie est absorbée par les puits de carbone (océans, tourbières, phytoplancton), mais plus de la moitié reste dans l’atmosphère, piégeant la chaleur et réchauffant la planète. Pour la première fois, j’ai compris de façon concrète le combat des écologistes.

La salle suivante est consacrée à l’électricité. En posant les mains sur un globe, on voit ses cheveux se dresser ; en touchant une autre personne, une petite décharge se produit. Un moment amusant, à la fois spectaculaire et pédagogique.

Enfin, la visite se termine avec la chimie. Mélanger de l’eau bouillante et du gaz carbonique crée une réaction impressionnante, une démonstration visuelle qui clôture le parcours de manière simple et marquante.

Conclusion

Science Expériences réussit à transformer des notions parfois complexes en jeux et en découvertes accessibles. On ne ressort pas seulement avec des images spectaculaires en tête, une aurore boréale, un ballon écrasé par la pression, des cheveux hérissés par l’électricité mais aussi avec la sensation d’avoir compris quelque chose de plus essentiel. La science n’est pas qu’une affaire de chercheurs et de formules : elle nous concerne tous, dans nos vies quotidiennes, dans notre planète à préserver, dans notre avenir commun. Une visite ludique et instructive, qui donne envie de continuer à s’émerveiller et à apprendre.

Écrit par Aliane UMUTONIWASE

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