À la Une

À toi, maman

À toi, mère imparfaite, apprentie de toujours, qui, devant l'autel, as prononcé un oui dont sont nés tant d'autres oui : oui à l'enfant, puis aux enfants. Ô mère. À toi que j'ai parfois jugée avec la sévérité de celles qui ne savent pas encore tout ce que coûte l'amour. À toi à qui je ne pardonne rien certains jours, et qui me pardonne tout, quoi qu'il en coûte. À toi, lionne. À toi, maman, premier refuge, premier regard, premier amour de tout être naissant. À toi, refuge où l'on revient sans avoir à expliquer pourquoi. À toi, reine qui n'a jamais porté de couronne que celle de ses nuits sans sommeil. À toi, amie que je n'ai pas toujours su voir comme telle. À toi, toute belle malgré les années, malgré les inquiétudes, malgré les fatigues que nous avons déposées sur tes épaules. À toi, toute ma vie terrestre, toi qui me confies au céleste afin que je n'oublie jamais la vraie patrie. À toi l'amour. À toi ma source. À toi ma mère. Merci.

À la Une enterrement de vie de jeune fille

La jeune fille que j’enterre

ouviens-toi parfois de la jeune fille que tu enterres aujourd'hui.  Ne laisse pas la femme la trahir. Que le passé ne vienne pas empoisonner demain. Que tu aimes sans te mentir. Que tu pardonnes sans te trahir. Que tu partages sans qu'on te l'ordonne. Que tu te donnes sans qu'on t'y oblige. Et surtout, puisses-tu devenir femme sans cesser d'être toi.

À la Une Amitié

À toi, que la vie m’a confiée

C’est à toi que j’ai parlé le plus, Parce que tu es celle qui appele le plus. Et c’est toi que j’ai blessée le plus, Parce que tu m’as laissée t’approcher nue, vulnérable, Avec une confiance que je n’ai jamais oubliée.

coeur

Poésie : Cœur de chair

Ce soir je viens avec un cœur de chair , faillible mais fiable ,  Ce soir je t’offre un coeur de sang ,  Ce soir je t’offre un cœur de nous, Un cœur ouvert ,  Un cœur qui n’a d’autres désirs que de battre ,  Un cœur qui n’a d’autres ambitions que d’aimer  Un cœur qui refuse la pierre ,  Un coeur brûlant d’amour ! 

À la Une

Ce que les pères construisent quand ils restent

Aux pères qui se manquent de temps en temps, Mais aux pères toujours présents. Aux pères qui pleurent sans larmes pour ne pas alarmer. Aux pères qui concèdent leur fragile participation dans la conception, Mais qui ne reculent devant rien dans la construction, Dans l’éducation, dans la vie de leurs progénitures. Aux pères-repères, Aux pères représentants, Aux pères-mères, Aux pères époux, Aux pères aimants, Aux pères endeuillés, Aux pères adoptifs, Aux pères sans enfants, Aux pères qui font les hommes et défont l’injustice, Aux pères qui donnent un nom sans effacer celles qui donnent la vie.

À la Une water drop photo

Poésie: Tout avoir

Tout avoir m’aurait ôté la chance que seuls ceux qui manquent trouvent dans les petites choses de la vie. Tout avoir m’aurait privé de ces élans immenses que seuls ceux qui ont peu nourrissent en rêvant grand. Tout avoir m’aurait appris l’ennui de ne rien chercher, quand on trouve sans même avoir cherché. Tout avoir m’aurait volé la joie de ne désirer que ce qui dépend de l’argent, car je possède ce qui dépend de moi. Tout avoir m’aurait enlevé l’effort du voyage, la force et le courage, la joie après les peines, la générosité de ceux qui m’entourent, l’amour de ceux qui comptent et le pouvoir fragile mais vrai de ceux qu’on aime pour ce qu’ils sont, non pour ce qu’ils représentent.

À la Une La falaise Jules Breton , Musée d'Orsay

Poésie: Il y a de l’espoir, oui…

La semaine dernière, je me suis arrêtée sur ces phrases toutes faites que l’on prononce sans vraiment y penser.Celles que l’on glisse dans les silences, parce qu’elles sonnent bien, parce qu’elles réconfortent ou qu’elles évitent d’avoir à creuser. Elles sont parfois belles, parfois faciles, parfois cruellement à côté. Parmi elles, il y avait cette maxime …

Lire la suite de Poésie: Il y a de l’espoir, oui…

À la Une

Poésie: Pour ma mère

Maman, Je t’aime pour ton toit de corps, Je t’aime pour ton amour encore. Je t’aime pour mes premiers pas, Pour tous les « je n’ai pas eu », Que tu m’as transformés en « tu auras ». Je t’aime pour les promesses tenues, Pour ce que tu as ébranlé, Pour me verser dans ce monde peuplé d’inconnus. Merci d’être mère, Merci d’être ma mère. Pour ce qui est du tort, Rien ne saurait contraindre mon sort : Celui de t’aimer non chaque jour, Mais pour toujours.

À la Une

Poésie: L’âge de nos métamorphoses

La vie n’a rien de certain, seule la mort l’est.   Et encore, faut-il être mourant.   Quant aux mortels que nous sommes, nous n’avons pas encore notre sentence.   Et ne pas le savoir nous rend vivants immortellement confiants,   détenteurs de l’avenir.   La vie n’est belle et sans nuage nulle part.   La vie est ce qu’elle est :   Souffle et souffrance,   Plaisir, désir,   Saut, sentiment.   Elle est promesse.   Elle n’est pas tout à fait obligatoire tant il y a de morts-vivants.   Elle est une chance pour ceux qui, à défaut de se croire privilégiés,   se sentent complices de ses joies,   de ses caprices,   de l’odieux et des adieux qu’elle inflige,   du laid, de l’atroce qu’elle afflige.   Mais aussi de la douceur qu’elle procure,   de l’espoir qu’elle insinue dans chaque douleur,   de l’immortalité qu’elle offre chaque fois que demain se répète,   et se multiplie.