Cela fait quelque temps que les gens meurent chez les voisins. J’en vois certains partir dans un élan patriotique , comme si fermer les yeux effaçait l’horreur, comme si l’éloignement du sujet était un alibi à l’indifférence. Je me tais, pour ne pas m’aventurer sur un terrain vague. Mais ce silence m’étouffe. Je suis complice de ce silence. J’ai honte d’être dans le camp de ceux qui détournent le regard. Je me déteste de ne pas dire : Vous qui mourez, vous n’avez rien demandé. Je vous pleure.

