Il est 14h45 et je viens de marcher plus de 45 minutes. Je suis épuisée. La journée a été pluvieuse et ne m’a pas épargnée. J’ouvre la porte d’entrée, et par réflexe, celle de ma boîte aux lettres. Je n’entends rien de particulier, si ce n’est le bruissement familier des publicités qui ne manquent jamais à l’appel. Mais surprise : il y a une enveloppe kaki avec deux petits timbres. Je reconnais l’écriture, pas de mystère sur l’auteur.
Je palpe l’enveloppe, comme pour lui faire avouer ce que je découvrirais si je l’ouvrais directement. Mais je fais durer le suspense. Je connais l’expéditeur, oui, mais je ne vois pas pourquoi il m’aurait envoyé cette enveloppe. Est-ce quelque chose que j’aurais pu égarer lors de mes précédentes visites ? Cela m’étonnerait. Rien n’est urgent. Non, rien.
Je prends l’ascenseur, j’ouvre la porte de mon appartement, je dépose l’enveloppe, puis mes affaires. La curiosité me gagne et je l’ouvre. Oui, c’est Bruno. C’est mon frère.
Dedans, il y a une carte postale. Les larmes me surprennent par leur rapidité à glisser sur mes joues. Sur la carte, il est écrit “London”, avec tous ses atouts, ses extravagances : le London Bridge, l’abbaye de Westminster, le Parlement, la Reine, Big Ben, et bien d’autres richesses londoniennes, plus d’une vingtaine.
Derrière, il a noté ceci :
« Dear Aliane, je vis un rêve que tu aimerais vivre, j’en suis conscient. Que cette carte continue de nourrir cette envie de découvrir ce pays merveilleux qu’est l’Angleterre. Que tu puisses vivre chaque expérience qui est sur cette carte. »
Les larmes coulent, comme une pluie typiquement londonienne. Des larmes de reconnaissance, pour le geste, l’attention, et l’amour que je décèle dans chaque phrase.
Mon frère n’est pas très bavard, mais ses actes sont éloquents. L’autre jour, il m’a suggéré que l’on s’assure de nous voir au moins une fois par mois. Cette attention me touche. Parce que c’est mon frère. Parce que je le connais. Parce que dans son expérience, il a reconnu en moi cette facilité et ce désir de connaître le monde.
Avoir une famille, c’est bien. Avoir une famille qui vous aime, c’est merveilleux. Avoir un frère qui vous fait ressentir cet amour immense, c’est rare. Et j’ai la chance d’être parmi les chanceux !
La carte est accompagnée d’une photo de lui, prise dans le vestiaire de son Arsenal chéri, ainsi que d’un magnifique magnet.
“Aimer et le dire. Le clamer haut et fort, tel est mon vœu le plus cher.” Ai-je noté dans mon carnet.
Vous trouverez l’article de son voyage à Londres en cliquant sur ce lien : De Highbury à Emirates
Écrit par Aliane UMUTONIWASE