Comme chaque premier lundi du mois, voici les petites fragments du mois d’avril, des pensées journalières du mois précédent. En avril, les thèmes de l’amitié, de l’enfance, de l’espoir, de la chance et du choix m’ont particulièrement habitée. Le mois a été dense et lumineux : j’ai vu des amis, j’ai vu des enfants, j’ai été heureuse et j’ai pris des décisions importantes pour les mois à venir. Puissiez-vous, à travers ces fragments, trouver le plaisir de me lire, de réfléchir, de me contredire, ou simplement de partager un sentiment quel qu’il soit, pourvu qu’il ne soit pas de l’indifférence. C’est parti:
1 Les nouveaux départs ont ceci en eux : la promesse.
2 Le secret réside dans les petits pas quotidiens, dans ces victoires en apparence insignifiantes, dans ce contentement de soi, par-ci, par-là. Aimer sa vie, aussi modeste soit-elle… Voilà ce que j’appelle un pas de géant !
3 La vie est faite de miracles, ces petits ingrédients qui la rendent si riche, si insaisissable. De toutes les qualités, la générosité est celle qui m’émeut le plus : c’est un amour de l’amour, un amour pour la vie et les vivants.
4 L’enfance est une période propice aux blessures profondes. Les adultes croient à tort qu’ils vivent pour deux : ils se mettent à tout interpréter, à s’inquiéter, à troubler la quiétude de celui ou celle qui commence à peine à faire ses premiers pas dans la vie. On éprouve l’enfant en lui demandant sans cesse la preuve de son développement. On ne tolère aucun retard, sinon on le taxe de malade. Certains enfants ne peuvent échapper aux insécurités et aux angoisses de ceux qui les entourent. C’est triste de venir des peureux. C’est malheureux de se nourrir de la peur plutôt que de l’amour. Et le pire : croire que cette peur irrationnelle qu’on projette sur nous, c’est de l’amour !
5 La persévérance paie toujours. Elle paie jour après jour ce que la hâte ne peut offrir. La persévérance perce, transperce et transforme celui ou celle qui se laisse mener parfois malmener par la vie.
6 Il ne s’agit pas seulement de passer à autre chose : certaines choses ne passent pas. Parfois, il faut rouvrir la plaie, qu’il nous plaise ou non ; la désinfecter, la panser, accepter d’y penser, d’y revenir, d’y repenser… avant de cicatriser et enfin se maîtriser. Vivre avec un souvenir sain, conscient qu’il y a une cicatrice, et heureux que ce ne soit plus une plaie. Même si certaines choses ne passent pas, cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas les vivre mieux qu’hier.
7 Au contact du grand monde, le corps a sa manière d’accueillir ce qui l’éprouve. Certains d’entre nous sont trahis par leurs glandes sudoripares : cette eau du corps vient rappeler que le danger guette, qu’à tout moment on peut être sollicité. Je n’ai jamais été à l’aise ailleurs que chez moi, dans mon coin, dans mon usine à pensées, à bonne distance des autres.
8 On peut accomplir beaucoup, même en faisant peu… mais parfois si peu que cela ne suffit pas à nous combler. C’est pour cela qu’il faut agir avec la force de l’âme et du cœur.
9 Le temps est maître de tout et de tout le monde. Si on m’avait dit que le caractère sacré de l’amour se mesure dans le temps, que le malheur se compte et que son ampleur se mesure aussi dans le temps, je n’aurais pas saisi. Aujourd’hui, je sais qu’il faut aimer le temps, long comme court. Qu’accepter son destin, c’est d’abord respecter le temps imparti pour chaque expérience. Le temps donne… et dépouille.
10 La vie est si riche quand on prend la mesure de ce qui s’y passe. Elle vaut la peine dans son ensemble. Elle n’est pas que peine : elle est aussi paisible, riche de promesses, de saisons, d’espérances.
11 Parfois, les mots se dérobent. Tout simplement.
12 Tout finit par être apprivoisé. Le mal comme le bien, l’amour comme la haine, la faille comme la force.
13 La chance, la providence… Tels sont les mots qui font du bien à quelques âmes qui ont reçu le meilleur là où elles n’attendaient que très peu de la vie.
14 La vie est un don dont seuls ceux qui ont connu les abîmes jouissent pleinement. Il y a de la beauté dans le fait d’escalader une montagne, de contempler le chemin à parcourir, de comprendre que rien ne sert de courir sinon de mourir sans avoir connu les joies des détours, des retours, des reprises. C’est la somme des espoirs, des désespoirs, de la difficulté, du chemin, qui fait la qualité du bonheur. Le bonheur qui perdure, c’est celui qu’on a connu à l’issue d’un combat, après plusieurs défaites. La chance sourit aux malchances… et se cache des habitués du plaisir sans effort.
15 Certaines nuits sont plus courtes que d’autres. Plus intenses, plus violentes, plus extravagantes.
16 La vie est un miracle.
17 Hier encore, c’était la victoire et la fête. Aujourd’hui, ce n’est qu’échec et défaite. La vie a de cela aussi. Peut-être est-ce pour que l’existence ne soit ni prévisible, ni injuste, ni ennuyeuse. Apprendre à échouer, à aimer l’essai, à laisser la grâce nous toucher après la tempête… cela me semble génial.
18 Les enfants sont les conteurs d’histoires de notre histoire immémoriale. Les regarder, c’est se revoir. Les comprendre, c’est apprendre. Les aimer, c’est se donner une chance d’être touché… et de toucher l’enfant que nous avons été. Les enfants sont les fenêtres de l’âme.
19 Je vacille souvent, pas plus qu’avant mais je le reconnais aujourd’hui. Ma lâcheté se révèle… et c’est là que ma force se réveille. La force d’accepter mon humanité en entier, de faire le vœu, le choix de ne jamais m’abandonner. De rester. D’essayer d’être une bonne compagnie pour moi-même. Cela me réconforte. Je grandis.
20 Chacun sa croix, chacun sa maturité.
21 L’amitié, c’est cela : aimer comme une évidence, tout ressentir sans honte ni ressentiment. Tout dire, redire. L’amitié, c’est un amour sans gêne, sans âge, aux mille visages, aux mille libertés. Seule la trahison en est l’ennemi numéro un.
22 La vie est. L’amour, la mort valent tous la peine de nous détruire ou de nous élever, de nous peiner ou de nous soulager. Toutes les vies ne se valent pas. Pas plus que toutes les morts, encore moins tous les amours. Certains nous révèlent, d’autres nous relèvent, d’autres encore nous enlèvent ce que nous pensions avoir gagné. Ces trois forces sont enivrantes… La vie, la mort, sont-elles des sentiments ?
23 La vie est belle lorsque chez soi est un refuge, un havre de paix.
24 La vie est un risque permanent. Surtout si c’est la vie que l’on choisit.
25 Il arrive un moment dans la vie où le changement est inévitable. La routine cesse d’être coopérative. Elle devient oppressante, difficile à assumer. C’est alors qu’il faut se remettre en question. C’est le moment du départ, le moment du non-retour.
26 Ainsi va la vie ! Telle est la synthèse de tout ce qui se passe : du ventre maternel au tombeau solitaire. Un tas de choses arrivent… jusqu’à ce que plus rien n’arrive.
27 Tout passe : la passion, la colère, l’envie. Le tout est de ne pas perdre l’intention de vivre chaque gain, chaque perte. De vivre avec ou sans. Riche ou démuni, l’essentiel est de vivre le temps, la température… avec son tempérament, son environnement, sa complexité, sans rien renier.
28 Les grandes idées naissent souvent dans le plus grand désespoir. Elles surgissent quand le tout d’hier devient le rien de demain. Elles naissent sur des ruines, elles naissent dans l’effondrement, comme un nouvel espoir, comme un tout nouveau. Les grandes idées, celles qui écloront en quelques fruits, naissent comme des évidences… mais des évidences qui n’en ont pas toujours été. Elles s’imposent comme des millénaires.
29 La vie tient à peu de choses : un corps, un esprit, quelques certitudes, quelques contradictions et doutes. Un équilibre fragile. Un équilibre tellement fragile.
30 Les choses arrivent… lorsqu’on se défait des anciennes. Elles arrivent pour nous faire renaître de notre histoire ancienne, pour une nouvelle ère.
Écrit par Aliane UMUTONIWASE
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