À la Une Le penseur de Rodin

Le vertige d’exister

Longtemps, je me suis contentée d’être heureuse parce que les autres l’étaient. Le bonheur par procuration, me direz-vous. Et pourtant, lorsque le bonheur des autres existe grâce à nous, il est aussi le nôtre. Avec mon cœur contemplatif, j’étais sans doute faite pour les petites victoires : les regards émerveillés posés sur la nature, l’éblouissement des choses simples qui préparent aux grandes. J’aurais pu monter les marches une à une ; l’ascenseur de l’existence me donnait le vertige. Je me suis perdue à quelques étages, alors j’ai choisi de redescendre prendre mes escaliers.

À la Une Main tendue

Fragments du mois de novembre

17. On n’est riche que des gens que l’on aime. Ceux qui nous font rire et nous consolent, ceux qui nous conseillent et nous ramènent à l’essentiel, ceux qui voient l’invisible, devinent le non-dit et nous aident à reconnaître nos limites lorsque c’est la meilleure chose à faire. Notre vraie fortune, ce sont eux. Écouter est une vertu. S’effacer, laisser l’autre aller et venir, laisser émerger sa pensée. Offrir la parole et accueillir le silence pour qu’il guérisse par lui-même. C’est un don, un geste simple et essentiel Renoncer est une vertu. On renonce chaque jour sans s’en rendre compte. Mais renoncer à ce pour quoi l’on s’est battu, à ce que l’on croyait indispensable, simplement parce qu’il le faut, voilà un acte difficile. Un acte noble.

À la Une La falaise Jules Breton , Musée d'Orsay

Les fragments du mois d’Octobre

Reconnaître les torts du passé aide à pardonner les retards du présent. Cela répare les remords, redonne de la force, et nous apprend à ne plus tordre le passé pour mieux accepter le présent. C’est ainsi que l’on guérit, simplement.

À la Une

Les fragments du mois d’Aout 

Tant de choses se passent dans la vie qu’il est doux de compter les fleurs reçues, toutes ces beautés venues à nous sans effort. Toutes ces promesses tenues sans que nous les implorions, tous ces rêves que nous n’avions même pas osé rêver, toutes ces choses qui nous font dire qu’il faut aimer la vie et ses « malgré ». Car la vie recèle aussi ces éclats soudains, ces « wow, je ne m’y attendais pas ». .La vie est plus complexe qu’on ne l’imagine. On peut être heureux de la vivre tout en étant malheureux de ne pas la comprendre. On peut espérer l’amour et pourtant rejeter celui qui nous aime. On peut vouloir sans pouvoir, ou devoir faire sans le vouloir. La vie est un vaste champ où il faut bâtir, détruire et recommencer, encore et encore, toute une existence durant.

À la Une Parlons de la vie

Fragments du mois de juillet

2. La vie suit toujours son cours. Parfois, on croit être à court… alors on se met à courir. Sage est celui qui sait qu’il va mourir, mais qui comprend que, même en se sachant mortel, il peut encore mûrir, nourrir son esprit, nourrir son corps, et rêver toujours… tant qu’il peut se lever, tant qu’il peut s’élever. 7. Les gens sont nos miroirs. Ils reflètent ce que nous sommes et ce que nous paraissons, nous forçant à voir ce que nous aimerions devenir et, parfois à nos dépens, ce que nous devrions changer pour ne plus nous haïr. On s’aime mal quand on s’aime seul ; on s’aime mieux quand on sème avec les autres les graines du partage. 19. Nous sommes plus grands que l’histoire qu’on raconte sur nous, plus subtils que les perceptions qu’ils ont de nous. Nous ne sommes pas de simples morceaux ramassés sur le chemin, mais l’histoire entière : celle d’avant eux, celle de toute notre vie. Et nous seuls sommes aptes à nous donner la sentence. 25. Qui sait ce qui nous sortira de notre ignorance ? Parfois, c’est une question qui nous oblige à creuser jusqu’à la réponse. Parfois, c’est quelqu’un de simple qui nous voit grand et qui, par ce regard, nous incite à être à la hauteur. Chacun compte dans la vie de chacun… encore faut-il le voir.

À la Une water drop photo

Fragments du mois de juin

On dit qu’il faut reculer pour mieux sauter. Je dis qu’il faut souhaiter que la chute ne brise pas nos côtes et que le saut ne nous fasse pas oublier le recul qui l’a rendu possible avec grâce. On peut prévoir, forcer, espérer… mais les choses n’arrivent que lorsqu’elles le doivent. Et souvent, c’est après l’attente, le doute ou le détour, que l’évidence surgit. Une vie sans but n’est pas nécessairement douloureuse, mais seule une vie avec un but peut retenir un monde qui menace de s’effondrer. La vie n’est pas une ligne. Elle est informe. Nous passons notre temps à la formuler, la reformuler, lui donner un sens, une forme à laquelle s’accrocher. La vie est vaste, infinie, impossible avec une infinité de possibles, et possible avec une infinité d’impossibles.

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Fragments du mois de mai 

Plus je grandis, plus je sens que la partie la plus ancienne de moi, c’est l’enfance. Comme si l’enfant que j’étais contenait déjà tout ce que je suis. Il m’observe encore, depuis ce passé immobile, avec une sagesse étrange. L’enfant en moi est vieux , vieux de toutes les questions que je n’ai jamais cessé de me poser. Une vie ne tient pas seule. Elle s’appuie, elle s’entrelace, elle s’allume au contact d’autres vies. Le partage ne fait pas que relier : il révèle, il élève. Ceux qui comprennent cela savent que donner, c’est parfois la plus belle façon d’exister. Ce qui se termine prépare, consciemment ou non, l’arrivée de ce qui vient.

À la Une Parlons de la vie

Fragments du mois d’Avril

14 La vie est un don dont seuls ceux qui ont connu les abîmes jouissent pleinement. Il y a de la beauté dans le fait d’escalader une montagne, de contempler le chemin à parcourir, de comprendre que rien ne sert de courir sinon de mourir sans avoir connu les joies des détours, des retours, des reprises. C’est la somme des espoirs, des désespoirs, de la difficulté, du chemin, qui fait la qualité du bonheur. Le bonheur qui perdure, c’est celui qu’on a connu à l’issue d’un combat, après plusieurs défaites. La chance sourit aux malchances… et se cache des habitués du plaisir sans effort. 21 L’amitié, c’est cela : aimer comme une évidence, tout ressentir sans honte ni ressentiment. Tout dire, redire. L’amitié, c’est un amour sans gêne, sans âge, aux mille visages, aux mille libertés. Seule la trahison en est l’ennemi numéro un. 29 La vie tient à peu de choses : un corps, un esprit, quelques certitudes, quelques contradictions et doutes. Un équilibre fragile. Un équilibre tellement fragile.