Les fragments du mois de septembre

Pour les lecteurs anglophones, une version traduite de cet article est disponible ici : The Fragments of September.

La vie est faite de parfois.
Parfois c’est le chagrin, parfois c’est l’amour, parfois c’est la fatigue, parfois c’est le doute, parfois c’est le bonheur. Elle change de visage comme le ciel au fil des saisons, et c’est dans ces changements que je trouve les mots.
Quand on me demande pourquoi j’écris et où je trouve l’inspiration, je réponds simplement : dans la vie. Je la regarde, je l’écoute, et j’essaie d’en comprendre les murmures.
Écrire, c’est vivre autrement, ressentir autrement, se découvrir et parfois se surprendre face à la compréhension ou à l’incompréhension des événements.

Cela fait un mois que je n’ai rien publié sur le blog. Je vous dois donc quelques pages, quelques pensées à rattraper. Mais les mots n’ont pas cessé de venir, parfois discrets, parfois insistants.
Alors si vous le voulez bien, commençons par les pensées du mois de septembre, un mois traversé par le doute et l’incertitude, mais aussi par l’amour, l’espérance et cette lumière qui persiste même quand tout vacille.

Les fragments

1. Tenir tête au doute, refuser la chute quand la peur s’installe. Croire en soi quand tout chancelle, croire en plus grand que soi quand tout devient poussière. Telle est ma prière.

2. Se savoir heureux, heureux d’essayer. C’est une grâce, une chance à saisir. Aimer être perfectible, se réjouir de tenter sans attentes démesurées : c’est cela, une vie belle.

3. Il faut prendre soin de soi pour ne pas se perdre. Encore faut-il savoir ce que cela signifie, « prendre soin ». Tant de voix nous font croire que nous savons, alors que nous sommes loin d’avoir compris.

4. Que savons-nous vraiment de l’amour ? De ce feu qui s’allume sans prévenir, de cette lumière qui bouleverse tout ? Que savons-nous de ce sentiment qui renverse les certitudes, fait plier les puissants et désarme les forts ? L’amour… mystère ancien, toujours nouveau.

5. Les moments de doute sont les plus douloureux. Une douleur cynique, tant elle est présente et invisible à la fois. Inexpressive, inquiétante, indistincte, inexplicable.

6. L’amour, c’est l’amour, toujours. Quand le doute demeure, ce n’est pas encore l’amour.

7. La vie s’éclaire parfois d’une douceur soudaine. Les doutes se taisent, les nouvelles apaisent. Le cœur retrouve sa place dans la lumière du jour.

8. Dire non, pour qu’un jour le oui ait du sens. Un oui risqué, sans refuge ni retour. Risquer son oui, c’est sans doute la chose la plus dangereuse, mais aussi la plus essentielle pour avancer. Choisir, c’est renoncer, m’a-t-on dit.

9. Les rêves les plus fous naissent dans des esprits ivres d’espérance, habités par la folie du possible. Ils sont trop vastes pour rester immobiles, trop vivants pour se taire. Ils débordent, s’imposent, refusent de dormir. Et tôt ou tard, ils exigent qu’on les suive, ne serait-ce qu’à la clarté fragile de leur lanterne.

10. La lecture sauve de l’ignorance. L’écriture sauve de l’oubli.

11. On n’arrive jamais au bout de notre existence. Quand on croit arriver, quand on se croit au bout ou à bout, la vie nous remet debout. Elle nous fait tomber, mais jamais pour nous briser.
Seule la mort en a le droit, pas la vie. La vie, elle, commande le combat.

12. La vie recommence à chaque instant, disent certains. Elle continue, disent d’autres.
Eh bien, parfois elle recommence, parfois elle continue. Il existe des nouveaux départs, des premières fois, des adieux. Et il existe aussi des à demain, des à plus tard, des pour la vie qui s’écrivent sans fin.

13. La vie se joue parfois sur un oui prononcé trop vite, parfois trop tard, ou sur un oui que l’on n’a jamais dit. Il en va de même pour un non.

14. Le passé contient les joies d’hier qui n’ont pas encore disparu, et qui peuvent encore nous rendre heureux une fois de plus. Il contient aussi les peines d’hier qui, à défaut de nous réjouir, deviennent moins lourdes et portent en elles le germe de la gratitude. Rien de ce que nous vivons n’est vain.

15. De toutes les richesses, les souvenirs sont les plus chérissables. De tous les indicateurs d’une vie heureuse, ils sont les plus éloquents. Le passé est beau à la hauteur de ce qu’il nous a laissé de généreusement mémorable. J’aime à penser que le souvenir du bonheur est encore du bonheur.

16. Certaines peurs sont les portes des grandes aventures. Elles naissent dans le ventre, montent au cœur, et ne s’effacent que sous la douceur d’un geste, la vérité d’un amour, la constance d’un engagement.

17. La vie est un risque permanent, un projet dont on ignore la portée, un amour dont on ne sait pas encore s’il en est vraiment un. La vie est une mise, une mise en garde, un coup de poker.

18. Parfois, on revient là où l’on croyait avoir tourné la page, et l’on devient cet autre que l’on n’aurait jamais imaginé devenir. La vie est ainsi : une comédie où l’on joue sans le savoir, où les rôles changent, les décors se transforment, et les scènes oscillent entre la passion et l’ennui, la joie et la mélancolie.

19. Apprendre à respirer, à prier, à laisser couler. Apprendre avec le temps, à quitter les jugements tout en gardant la lucidité. Gérer ses propres doutes pour ne pas assaillir autrui des nôtres. Devenir meilleur.

20. Les anges gardiens existent et veillent. Ce sont nos amis. Ils nous sourient et nous donnent plus que nous n’aurions droit d’exiger.

21. La vie avance, qu’on le veuille ou non. Alors avançons, sans trahir nos rêves. Regardons en arrière pour comprendre, sur les côtés pour ne pas nous égarer, et devant, pour ne pas manquer l’horizon.

22. Que serait la vie sans contradiction, pour affiner et affirmer nos convictions ? La vie est pétrie de sens et de contresens.

23. Savoir se ressaisir, réunir ses forces pour guérir et assainir les choses qui avaient déraillé,
mais dont on sait qu’il n’en fut pas toujours ainsi.

24. Même ceux qui ne cherchent que l’argent, c’est le bonheur qu’ils espèrent obtenir. Le bonheur, cette satisfaction de l’âme, cette acceptation de ce qui est, voilà la plus grande quête de l’humanité.

25. S’épanouir en amitié, c’est conjurer le mal de bien des maux. Aimer sans risquer d’être rejeté.

26. Aimer n’est pas chose facile, quand deux êtres se rencontrent par le hasard d’une tierce volonté. Ils cherchent à se connaître, à s’accorder, là où rien ne laissait présager la rencontre. Mais parfois, une belle histoire naît de cette différence, de ce désordre inattendu où le cœur apprend à reconnaître ce qu’il n’attendait pas.

27. C’est dans le silence que l’on se porte, que l’on se reconnaît de bout en bout. C’est dans le silence voulu, et non imposé, que l’on pose un regard neutre sur sa vie. Ces moments de silence nous réveillent, nous révèlent et nous transforment.

28. Demander des signes est une chose, les reconnaître en est une autre. Les choses n’arrivent pas toujours clairement. La vérité, il faut la chercher ; la raison, il faut la trouver ; et la lucidité, il faut la retrouver. Il n’est pas aisé de tout savoir : sage est celui ou celle qui connaît l’essentiel de son âme, la faille et la force.

29. L’homme est si complexe. Il peut être à la fois bon et menteur, généreux et imbu de lui-même. C’est étrange, la vie.

30. La vie nous offre des batailles, et le courage de les mener. On gagne, on perd, on s’incline parfois. Mais ces combats n’ont de valeur que par le sens qu’on leur donne. L’échec et la victoire sont des illusions humaines. La vie, elle, nous regarde jouer les cartes qu’elle distribue, indifférente à nos triomphes, curieuse seulement de notre élan.

Conclusion du mois

Ainsi s’est refermé le mois de septembre, avec ses questions, ses lumières et ses promesses. Chaque fragment, à sa manière, m’a permis d’avancer un peu, d’apprendre, de comprendre. La vie se cherche autant qu’elle se trouve. Écrire ces fragments, c’était une façon de me relever, de vivre un peu mieux. Les mois suivants viendront, eux aussi, enrichir ce dialogue avec la vie, car tant qu’il reste une émotion à dire, l’écriture reste vivante. vous trouverez également en cliquant sur les liens les fragments du mois d’Aout, ceux de juillet , de Juin , de Mai, d’Avril , de Mars , de Février , de Janvier .

Écrit par Aliane UMUTONIWASE

2 réflexions sur “Les fragments du mois de septembre

  1. Ping : Fragments du mois d’Octobre pensées sur la vie, le temps, l'amour

  2. Ping : Fragments du mois de novembre 2025 pensées, poésie et gratitude

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.