Il n’en faut pas peu pour être heureux

Ils disent qu’il en faut peu pour être heureux ce n’est pas vrai.
Être heureux, c’est plus rude, car cela n’a pas de prix.
On se paie du plaisir, mais non du bonheur.
On bâtit des entreprises, mais rarement des âmes.
On construit des maisons, mais pas toujours des foyers stables.

On cherche à oublier le passé, mais le passé, bien décidé à se faire une place, se rappelle à nous et fait appel à notre mémoire.
On multiplie les expériences pour bien faire les choses, mais on en rate certaines, et par la même occasion, on offre matière aux commérages.
On aime très fort, on croit à l’éternité du moins jusqu’au moment où l’un de nous cesse de défier le compte à rebours de l’existence.
Pas de chance : l’autre demande à descendre du train, et nous, nous prions pour la sagesse d’accepter l’éphémère.

Pour les croyants, on cite Dieu à comparaître.
Pour les autres, on maudit l’univers qui n’a pas daigné accorder le bonheur universel.
Mais pour être heureux, il n’en faut pas peu :
la vie est faite d’obstacles qui nous font chuter et remettent les compteurs à zéro.

Pour être heureux, il n’en faut pas peu,
car l’être tout le temps c’est impossible.
Pour être heureux, c’est difficile :
même ceux qui choisissent de planer dans l’extase finissent par retomber, en manque d’eux-mêmes.

Pour être heureux, il faut bien plus que la volonté car la peur, parfois, a plus de force que le désir.
Bien plus que le vouloir car la vie impose ses épreuves.
Bien plus que la richesse car le cœur a toujours son mot à dire.

Des recettes magiques ? Je n’y crois pas. Les marchands de rêves me font sourire.
Seuls ceux qui luttent m’inspirent. S’il en fallait peu pour être heureux, nous le serions.
Ni pauvreté ni richesse ne détiennent la réponse.
Pauvres ou riches, nous sommes en quête.
Noirs ou blancs, nous menons la même enquête.

Partout où vit l’homme, il poursuit la conquête de ce bonheur sans fin.
Si l’encombrement matériel est un suicide lent, le dépouillement n’est pas pour autant gage de réussite.
Seule l’âme connaît la réponse.

Les pensées, elles, nous offrent quelques pistes car c’est en elles que résident le bonheur et le malheur.
Si seulement je pouvais avoir de belles pensées, colorées, teintées d’optimisme…
Mais je sais combien il est difficile de diriger l’invisible,
de chasser les invités que je n’ai pas conviés,
et de choisir parmi eux ceux que je veux écouter.

Bonheur, où es-tu ?
Ai-je bien raison ?
Ou est-ce encore mon imagination fertile qui m’a séduite, pour la énième fois, sans poursuivre l’aventure ?
À lire aussi le souvenir du bonheur et encore le bonheur

Écrit par Aliane UMUTONIWASE

 

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