Fragments du mois de juin

Je viens de relire toutes les pensées que j’ai consignées ce mois-ci dans mon carnet. La vie y revient sans cesse. L’amour aussi. Des questions, des questionnements.
Ce mois de juin, j’ai beaucoup voyagé et pourtant, je ne m’attendais pas à réfléchir autant à l’amour, au bonheur, aux possibles.
Je vous confie ces fragments. Qu’ils vous accompagnent doucement vers le mois qui s’annonce. Puisse-t-il être plus paisible que cette canicule qui le précède. Mais voilà : c’est la vie. Il faut tout prendre, sans rien renier. Cramé ou acclamé…
(Que ne ferais-je pas pour une rime !)

Les Fragments

  1. La vie est surprenante, autant dans ce qu’elle nous prend que dans ce qu’elle nous enseigne.
  2. Il est des bonheurs légers, informels et indicibles. Des instants de grâce où tout semble simple, fluide, à portée de main comme si, soudain, toutes nos serrures cédaient sans résistance..
  3. Il y a tant de raisons d’aimer la vie. Pourvu que cette faculté nous soit donnée, par nature ou par l’expérience.
  4. Cette vie ne mérite pas seulement d’être vécue, mais d’être aimée comme telle. L’espoir, le désespoir, l’amour qui fleurit, celui qui se fane pour laisser place à un autre, prêt à éclore ailleurs. Il y a de la générosité dans la douleur, de la beauté dans la joie. C’est une chance d’apprivoiser le tout, plutôt que de s’en tenir au rien.
  5. Il y a tant de raisons d’aimer la vie, et parmi elles, celle d’aimer les êtres qui la peuplent. Rien ne vaut la chaleur des liens, c’est elle qui rend l’amitié désirable, et la vie véritablement vivable.
  6. Rien ne vaut la santé, surtout quand on a toujours connu la meilleure, sans pépin ni peine, sans épreuve lourde à porter.
  7. La vie a ses vices. Il nous revient de les reconnaître sans leur appartenir. De les admettre sans en être esclaves. De les porter sans devenir vicieux.
  8. Les voyages portent en eux le secret des recommencements. Ce rappel subtil que tout peut advenir, même après avoir cru que plus rien ne reviendrait. Ils renferment l’espoir oublié, la chance inattendue, le réveil qu’on croyait impossible.
  9. Le pire arrive souvent quand on ne s’y attend pas. Et le bonheur surgit là où l’on ne l’attendait plus. On ne connaît jamais d’avance l’objet de notre joie ni le lieu de son avènement. C’est doux d’attendre de la vie qu’elle nous surprenne, nous réveille, nous révèle, qu’elle réalise nos rêves… ou les défasse. Tout attendre d’elle, tout accueillir, sans rien renier.
  10. Croire en notre destin, c’est parfois tout ce qui nous reste. Faire confiance à un avenir digne du miracle qu’a été notre venue au monde.
  11. Il faut toujours se pardonner. Avancer léger, c’est avancer heureux.
  12. La vie refuse d’être linéaire. Quelque chose d’inattendu nous attend toujours sur le chemin.
  13. La vie est faite de virages. Ralentir fait partie intégrante du voyage.
  14. La vie exige du repos, des ailleurs, de l’abandon. Du sommeil qui repère, qui répare, qui repose et qui relance.
  15. On peut se réinventer à tout âge.
  16. Il ne faut jamais condamner aucun univers. On peut tout apprivoiser, tout aimer, à n’importe quel âge. Ouvrir son cœur, ouvrir son esprit : c’est ainsi que la vie nous révèle les goûts longtemps ignorés de notre âme.
  17. La vie et la mort ont leurs raisons de nous choisir. Raisons que nous, vivants et mortels, ignorons.
  18. Une décision pleinement adoptée annonce un avenir fidèle à celle ou celui qui en est l’origine.
  19. La vie sait nous ramener à elle, même après nous avoir laissés pour compte. Qui sait ce que chaque souffrance modifie en nous, et ce qu’un simple changement réintroduit dans notre quotidien ?
  20. Vouloir donne le sens du devoir. Le devoir offre la capacité de pouvoir. Et c’est un bonheur que de faire ce qu’on veut et de vouloir atteindre ce qu’on peut. Une vie choisie et pleinement vécue, c’est celle où savoir, vouloir, devoir et pouvoir s’allient pour faire prospérer un être humain.
  21. La vie passe, puis repasse, et parfois nous efface sans préavis. C’est l’affaire d’une vie, qui se poursuit avec ou sans nous. Les parents partent, mais reviennent en leurs enfants. Si l’on a la chance d’être encore là, alors le vrai but est de tout vivre, toutes les vies, avant que la nôtre ne s’efface à son tour, cédée à celui ou celle à qui nous l’avons transmise. Nous sommes des condamnés à perpétuité… qui perpétuent l’éternité. Entre finitude et filiation, la vie continue.
  22. Trébucher, oui. Abandonner, jamais. Quand, après l’échec, on en arrive à penser ainsi et plus encore : à agir ainsi , la joie devient totale et l’échec, dérisoire.
  23. On dit qu’il faut reculer pour mieux sauter. Je dis qu’il faut souhaiter que la chute ne brise pas nos côtes et que le saut ne nous fasse pas oublier le recul qui l’a rendu possible avec grâce.
  24. On peut prévoir, forcer, espérer… mais les choses n’arrivent que lorsqu’elles le doivent. Et souvent, c’est après l’attente, le doute ou le détour, que l’évidence surgit.
  25. Qui sait si la chance viendra de nos efforts ou de ceux des autres ? Si le plaisir naîtra de la sueur de notre front ou de la générosité d’un frère ? Qui sait où et quand les bonnes choses surgissent ?
  26. On pense souvent à ce que la vie nous ôte, et l’on oublie ce qu’elle nous offre. Ce perpétuel mouvement de don et de dépouillement… il nous revient de faire l’apprentissage du contraste, pour mieux savourer les jours miels, les jours moins laids, les jours meilleurs.
  27. Une vie sans but n’est pas nécessairement douloureuse, mais seule une vie avec un but peut retenir un monde qui menace de s’effondrer.
  28. La vie n’est pas une ligne. Elle est informe. Nous passons notre temps à la formuler, la reformuler, lui donner un sens, une forme à laquelle s’accrocher. La vie est vaste, infinie, impossible avec une infinité de possibles, et possible avec une infinité d’impossibles.
  29. Certains amours mêlent proximité et rejet, attachement indéniable et détachement nécessaire. Ils ont besoin d’une certaine distance, d’un peu de silence, de liberté… sans renoncer à la chaleur des jours d’étroitesse.
  30. La vie, l’amour : des risques à prendre. Qui sait où la vie nous mène ? Qui sait où l’amour nous cueille ? Il faut seulement répondre à l’appel, accueillir… puis laisser le temps faire son œuvre.

Alors voilà.
Ce sont là les miettes de ce mois de juin : pensées envolées, émotions entraperçues, vérités fragiles griffonnées entre deux départs ou deux silences. Si l’un de ces fragments a résonné pour vous, c’est que la vie continue à nous relier, même dans ses angles les plus flous. On se retrouve au prochain tournant du mois.
Avec d’autres mots, d’autres pensées, et peut-être, encore, un peu d’amour à réapprendre.

Écrit par Aliane UMUTONIWASE

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