Ce texte est né dans un avion. En route vers Rome, j’ai été surprise par la lumière qui traversait le hublot. Elle était si douce, si vive, que j’ai voulu saisir mon téléphone pour en garder une trace. Mais le hublot était sale : si je prenais la photo, je prenais aussi cette saleté qui venait heurter la beauté du moment.
Je l’ai prise quand même moins parfaite, moins séduisante. Et les vingt dernières minutes du vol, je les ai passées à réfléchir à la lumière, à ce qu’elle dévoile, à ce qu’elle révèle, et à noter les pensées qui défilaient.
Et puis, peu à peu, je me suis surprise à me parler ainsi, comme pour me rappeler ce que la lumière enseigne :
Tu vois la lumière.
Tu la verras parfois nue, éclatante.
Tu la verras parfois voilée, couverte, comme hésitante.
Tu la verras comme une promesse.
Tu la verras, et il arrivera que tu sois le seul à la percevoir.
Tu vois la lumière.
Il y aura des jours où tu seras heureux de la remarquer,
et d’autres où tu ne la verras pas,
même lorsqu’elle se tiendra juste devant ta porte.
Tu vois la lumière : tu la verras seulement si ton cœur y consent,
si ta propre lumière intérieure répond à la sienne.
Tu vois, la lumière révèle les taches, les contours, les imperfections.
Et parfois, la lumière peut être aveuglante.
Et pourtant, malgré ses éclats et ses ombres, la lumière demeure ce qui nous guide, nous dévoile et nous rappelle que la beauté est souvent mêlée d’imperfections.
Écrit par Aliane Umutoniwase.