Cet après-midi, à la bibliothèque de Mériadeck, je me suis arrêtée devant le rayon philosophie. Je n’avais pas d’idée précise du livre que je voulais lire, alors j’ai laissé le hasard choisir pour moi. J’ai tendu la main et attrapé un ouvrage : « Que faites-vous de votre vie ? » de Krishnamurti. Je l’ai feuilleté rapidement, mais avant même d’en lire une page, il était déjà l’heure de partir.
Que faites-vous de votre vie ? Je pourrais répondre que je fais. Depuis mes premiers pas, je n’ai cessé de faire. Faire pour avancer, faire pour tenir, faire pour prouver. Et quand je ne fais pas, je me hâte de faire autre chose, comme si l’immobilité était un crime, comme si l’être devait s’effacer devant l’action.
Mais ce n’est pas ce que demande l’auteur. Il ne s’agit pas de ce que je fais dans la vie, mais bien de ce que je fais de ma vie. Et là, la réponse se trouble. Je voudrais dire que je la rêve, que je la sculpte, que chaque jour, je poursuis une quête : celle de réussir. Non pas réussir dans la vie, mais réussir à ne plus échouer à être. Parvenir à vivre sans vaciller. Assumer qui je suis, cesser de me perdre dans ce que je devrais être. Ce que je fais de ma vie ? Je la dessine, maladroitement, imparfaitement. C’est un croquis aux contours flous, aux lignes hésitantes, mais il est mien. Lentement, j’apprends à braver les convenances, à briser ces chaînes invisibles qui me retiennent.
Je sais que ma réponse n’est pas satisfaisante, elle ne tient même pas sur une page. Si l’auteur en a fait un livre, je devrais le lire la prochaine fois, ne serait-ce que pour mieux orienter cette question. J’aime les questions existentielles, elles me rappellent mon enfance, cette époque où tout restait à prendre, à apprendre, dans l’espoir de comprendre. À cette époque-là, j’avais des questions et je cherchais des réponses. Aujourd’hui, j’ai fait taire les questions. Je n’ai toujours pas de réponses, mais j’ai appris à vivre avec des certitudes fondées sur des croyances. Quelle contradiction… Quelle tragédie que de devenir adulte ! Si l’enfance savait, elle ne poserait pas autant de questions aux adultes qui, depuis longtemps, ont renoncé à la magie de chercher.
Sur ce lien vous trouverez l’article en anglais : What Do You Make of Your Life?
Écrit par Aliane UMUTONIWASE
Toujours aussi bien écrit, et avec beaucoup de réflexion, et nous renvoi à nos propres questionnements. Merci
Cela me touche énormément 🫂. Merci Annie