Sobre hommage

À l’heure où chacun fouille dans sa mémoire pour mesurer ce qu’il perd de son quotidien en te sachant absente, je me compte parmi tes proches lointains. Ceux qui ne revendiquent aucun titre sinon celui de t’avoir connue et aimée. Je fais partie de ceux qui te pleurent pour ce que tu fus pour eux et non pour ce que tu étais devenue. Notre parenthèse fut belle!

Nous nous sommes connues à l’heure de l’insouciance et des rêves, à l’heure où l’on ne pense pas à mourir, à l’heure où l’on partage les 400 coups. Nous avons ri ensemble, nous étions dans la même classe, nous avons partagé un temps le même dortoir. Tu étais la plus brillante de nous deux ; le seul moment où j’étais meilleure que toi, c’était au réveil, car tu aimais dormir. Tu aimais dormir et tu aimais lire. Tu aimais lire et tu aimais raconter des histoires. Des histoires belles, fantasques et fantastiques. Parmi toutes les histoires, j’ai aimé celle du film “Le Bossu”. Tu rendais les personnages vivants, en mouvement, et tu les sublimais par tes qualités de narratrice. Quand j’ai eu la chance de regarder ce film, ta version était la plus satisfaisante. Merci.

Les anecdotes sont nombreuses, mais elles ont toutes un point commun : ton rire, comme si ton rayonnement était tout ce qu’il y avait à retenir.

Les années ont passé, la vie a suivi son cours, nos chemins se sont aventurés dans des contrées différentes, mais le contact n’a jamais été rompu volontairement. Nous nous sommes retrouvées grâce à ton initiative. Tu aimais les gens et tu aimais les retrouver. À l’époque, tu étais à l’université nationale du Rwanda et moi dans le sud de la France. Comme j’ai aimé te parler.

Plus tard, nous avons poursuivi nos conversations sur les réseaux, évoquant Paris, tes projets à Venise. Nous aurions dû nous retrouver en France si jamais tu avais eu l’occasion de passer par là. À quoi cela aurait-il ressemblé ? Des rires, sans doute ; nous aurions ravivé les souvenirs de notre jeunesse, nous aurions parlé de nos projets, puis chacune aurait retrouvé sa vie, tout en souhaitant le meilleur à l’autre.

Nous n’aurions peut-être pas pu tenir nos promesses, mais j’aurais été contente de partager ce moment avec toi.

Maintenant que je suis là où tu ne peux plus être et que tu es là où je ne suis pas encore, je charge Dieu de te dire que tu n’étais pas seulement précieuse pour tes proches, mais pour tous ceux qui ont eu la chance de te connaître vraiment.

Puisque tu as vécu avec nous, partagé avec nous, fait partie de nos bouts de vie, tu seras avec nous aujourd’hui comme tu l’étais hier encore. Dans nos cœurs, tu resteras jeune, belle et généreuse. Une fleur cueillie trop tôt, un ange veillant sur des milliers de gens. Merci d’être passée, merci de t’être arrêtée sur mon chemin, merci d’avoir été tout ce que tu devais être et devenir.

“Dilo, c’est l’éternité.”

J’ai une pensée pour ta famille, pour tes proches, pour ton monde de ces dernières années, mais aussi pour toutes nos camarades de classe qui t’ont aimée, même de très loin ! Ta vie n’a pas été vaine, elle ne le sera jamais !

Repose en paix, vis éternellement !

Écrit par Aliane UMUTONIWASE

13 réflexions sur “Sobre hommage

  1. INNOCENT

    Que son âme repose en paix, je crois que Dieu l’accueillera à bras ouverts pour tout les biens qu’ elle a fait pendant qu’elle était sur cette terre💔💔😭.

    1. Dilo, c’est l’éternité ! Dilo , c’est la vie qui vivra discrètement dans nos vies! Mes sincères condoléances très chère Mamie . I love you too. Ijuru rirakunze, ryibarutse Umwamikazi.

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