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Revenir à l’imparfait

Ainsi s’achève le mois des résolutions. Ainsi se referme un premier chapitre de 2026. Nous voilà déjà un peu plus vieux de nos rêves, parfois déçus par nos quêtes de perfection, mais replacés face à une vérité plus simple : celle de nos habitudes, de nos renoncements, de nos élans persistants aussi. Pour les plus fatalistes, l’heure est au retour de l’ancien. Pour les espérants, la route reste ouverte. En onze mois, on peut encore reformuler, ajuster, réajuster.

À la Une Le penseur de Rodin

Le vertige d’exister

Longtemps, je me suis contentée d’être heureuse parce que les autres l’étaient. Le bonheur par procuration, me direz-vous. Et pourtant, lorsque le bonheur des autres existe grâce à nous, il est aussi le nôtre. Avec mon cœur contemplatif, j’étais sans doute faite pour les petites victoires : les regards émerveillés posés sur la nature, l’éblouissement des choses simples qui préparent aux grandes. J’aurais pu monter les marches une à une ; l’ascenseur de l’existence me donnait le vertige. Je me suis perdue à quelques étages, alors j’ai choisi de redescendre prendre mes escaliers.

coeur

Poésie : Cœur de chair

Ce soir je viens avec un cœur de chair , faillible mais fiable ,  Ce soir je t’offre un coeur de sang ,  Ce soir je t’offre un cœur de nous, Un cœur ouvert ,  Un cœur qui n’a d’autres désirs que de battre ,  Un cœur qui n’a d’autres ambitions que d’aimer  Un cœur qui refuse la pierre ,  Un coeur brûlant d’amour ! 

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Les fragments du mois d’Aout 

Tant de choses se passent dans la vie qu’il est doux de compter les fleurs reçues, toutes ces beautés venues à nous sans effort. Toutes ces promesses tenues sans que nous les implorions, tous ces rêves que nous n’avions même pas osé rêver, toutes ces choses qui nous font dire qu’il faut aimer la vie et ses « malgré ». Car la vie recèle aussi ces éclats soudains, ces « wow, je ne m’y attendais pas ». .La vie est plus complexe qu’on ne l’imagine. On peut être heureux de la vivre tout en étant malheureux de ne pas la comprendre. On peut espérer l’amour et pourtant rejeter celui qui nous aime. On peut vouloir sans pouvoir, ou devoir faire sans le vouloir. La vie est un vaste champ où il faut bâtir, détruire et recommencer, encore et encore, toute une existence durant.

À la Une Bordeaux sur les quais

Poésie: Septembre

Le nouveau mois arrive : Le moi d’aujourd’hui espère, Le moi d’hier tempère. L’équilibre impose le chaud et le froid, Le doux et le doute. Ma prière est la suivante : Qu’il me soit donné de progresser, De traverser le doute, de goûter au doux, D’aimer, d’aimer fort, Non parce qu’il le faut, Mais parce que je ne peux rien faire d’autre qu’aimer.

À la Une Parlons de la vie

Fragments du mois de juillet

2. La vie suit toujours son cours. Parfois, on croit être à court… alors on se met à courir. Sage est celui qui sait qu’il va mourir, mais qui comprend que, même en se sachant mortel, il peut encore mûrir, nourrir son esprit, nourrir son corps, et rêver toujours… tant qu’il peut se lever, tant qu’il peut s’élever. 7. Les gens sont nos miroirs. Ils reflètent ce que nous sommes et ce que nous paraissons, nous forçant à voir ce que nous aimerions devenir et, parfois à nos dépens, ce que nous devrions changer pour ne plus nous haïr. On s’aime mal quand on s’aime seul ; on s’aime mieux quand on sème avec les autres les graines du partage. 19. Nous sommes plus grands que l’histoire qu’on raconte sur nous, plus subtils que les perceptions qu’ils ont de nous. Nous ne sommes pas de simples morceaux ramassés sur le chemin, mais l’histoire entière : celle d’avant eux, celle de toute notre vie. Et nous seuls sommes aptes à nous donner la sentence. 25. Qui sait ce qui nous sortira de notre ignorance ? Parfois, c’est une question qui nous oblige à creuser jusqu’à la réponse. Parfois, c’est quelqu’un de simple qui nous voit grand et qui, par ce regard, nous incite à être à la hauteur. Chacun compte dans la vie de chacun… encore faut-il le voir.

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La beauté est ce qu’elle est

Et je suis devenue femme sans la joie de l’être. Peut-être que je plaisais,  je ne le croyais pas. Peut-être que j’étais belle,  mais jamais jolie. Ou peut-être les deux, dans les yeux des autres. Mais ces regards ne m’incluaient pas. Je restais en dehors du jeu, en dehors de cette légèreté, cette jouissance subtile qu’offre l’assurance d’être belle, quand on l’a su très tôt, quand on l’a intégré comme un droit, et non comme une faute. J’ai compris plus tard, en désapprouvant ce que j’avais cru, qu’on ne détourne pas les yeux de ce qui passe. Au contraire. C’est parce que la beauté est éphémère qu’il faut la voir, la reconnaître tant qu’elle nous traverse. La chérir avant qu’elle ne s’efface. S’aimer à tous les âges. Parfois pour ses formes. Parfois pour sa lumière. Parfois pour ce que l’on dégage. Parfois pour ce que le corps accomplit, malgré toutes les peines.

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Poésie: Tout avoir

Tout avoir m’aurait ôté la chance que seuls ceux qui manquent trouvent dans les petites choses de la vie. Tout avoir m’aurait privé de ces élans immenses que seuls ceux qui ont peu nourrissent en rêvant grand. Tout avoir m’aurait appris l’ennui de ne rien chercher, quand on trouve sans même avoir cherché. Tout avoir m’aurait volé la joie de ne désirer que ce qui dépend de l’argent, car je possède ce qui dépend de moi. Tout avoir m’aurait enlevé l’effort du voyage, la force et le courage, la joie après les peines, la générosité de ceux qui m’entourent, l’amour de ceux qui comptent et le pouvoir fragile mais vrai de ceux qu’on aime pour ce qu’ils sont, non pour ce qu’ils représentent.