On croit que le bonheur est dans l’abondance. Mais parfois, ce sont les manques qui nous révèlent. Voici ma réponse, en mots pesés, à une question simple : « Que t’aurait fait d’avoir tout ? »
Il m’a demandé ce que cela m’aurait fait si j’avais tout eu.
Alors, je lui ai répondu :
Bien sûr que j’aurais tout voulu. Bien sûr que je veux tout avoir.
Mais que vaut la vie si l’on ne peut plus devenir,
si l’on ne peut plus désirer,
si l’on ne peut plus rêver ?
Que vaut-elle, si l’on vit déjà sur le palier du dessus ?
À cela, je ne sais pas si j’aurais survécu.
Tout avoir m’aurait ôté la chance que seuls ceux qui manquent trouvent dans les petites choses de la vie.
Tout avoir m’aurait privé de ces élans immenses que seuls ceux qui ont peu nourrissent en rêvant grand.
Tout avoir m’aurait appris l’ennui de ne rien chercher, quand on trouve sans même avoir cherché.
Tout avoir m’aurait volé la joie de ne désirer que ce qui dépend de l’argent, car je possède ce qui dépend de moi.
Tout avoir m’aurait enlevé l’effort du voyage, la force et le courage,
la joie après les peines,
la générosité de ceux qui m’entourent,
l’amour de ceux qui comptent
et le pouvoir fragile mais vrai de ceux qu’on aime pour ce qu’ils sont,
non pour ce qu’ils représentent.
Il y a de la joie dans le dépouillement,
de la peine dans le débordement.
Il y a de la chance dans l’adversité,
du bonheur dans la quête.
Et si tout avoir, c’était parfois tout perdre ? Il y a plus de joie à goûter chaque goutte qu’à commencer avec un seau plein car pour celui-là, une seule goutte suffit parfois à faire déborder le vase.
Ai-je noté dans mon carnet.
Écrit par Aliane UMUTONIWASE