Quand le téléphone londonien appelle, on tend l’oreille et on écoute.
Écrire sur les voyages, la poésie ou d’autres sujets est un plaisir en soi, mais se laisser raconter le rêve d’enfance de son frère, un frère que j’ai vu grandir, rêver, et finalement s’accomplir, a quelque chose d’infiniment précieux.
Aujourd’hui, ce n’est pas ma plume qui relate ces événements. C’est celle de mon frère, habituellement réservé, mais qui m’a fait l’honneur de partager quelques mots sur cette aventure qui l’a marqué. Assez parlé de mon côté, je m’efface pour lui laisser la parole.
Un rêve d’un soir de mai 2006, enfin réalisé
Je suis assis sur le canapé devant la télé avec mon père et mon petit frère, qui somnole déjà, car il a l’habitude de se coucher tôt. Nous regardons un match qui se joue en ce moment au Stade de France, dans ce pays qui, dix ans plus tard, deviendra mon pays d’accueil. C’est ici, dans ce pays de cœur, que le destin a placé la finale de la Ligue des champions entre Arsenal et Barcelone. J’avais 9 ans.
Arsenal a été mon premier amour. Un club pas comme les autres, une équipe que j’ai adorée sans même savoir pourquoi. Je l’aimais malgré les années de disette en championnat, malgré les déceptions en Ligue des champions. La seule présence de Thierry Henry et d’Arsène Wenger sur le banc suffisait à me rassurer. Enfant, je trouvais cela évident qu’un homme nommé Arsène soit à la tête d’Arsenal. C’était comme un signe. Comment ne pas aimer cette équipe qui venait d’accomplir un exploit en terminant un championnat sans la moindre défaite, tout en surclassant toutes les équipes espagnoles, y compris le Real Madrid de Zidane, en Ligue des champions ? Je pensais alors, avec ma tête de gamin, que Barcelone serait la cerise sur le gâteau déjà parfait. Le match a débuté à 20h45, et je me sentais invincible, comme l’équipe l’avait été quelques mois plus tôt.


Aujourd’hui, je m’apprête à réaliser un rêve de gosse : découvrir l’Emirates Stadium. Depuis mon arrivée à Paris, tout semble me conduire vers ce moment. Et pour que tout soit parfait, j’ai réservé une nuit dans un logement à côté d’Highbury, l’ancien stade, afin de respecter chaque symbole lié à mon club de cœur. De plus, ce rêve prend une tournure encore plus spéciale, car je vais assister à un match de Ligue des champions dans ce temple du football. L’ambiance de la Ligue des champions associée à celle de l’Emirates Stadium est une expérience qu’un supporter d’Arsenal doit vivre au moins une fois dans sa vie.
L’idée de concrétiser ce rêve est née grâce à ma sœur, qui, bien qu’elle ne soit pas fan de football, m’a conseillé de me faire ce cadeau pour marquer l’année 2025 d’un moment inoubliable. Son mari m’a ensuite aidé à trouver les outils nécessaires pour y parvenir, notamment un site fiable pour acheter des billets, car ils sont souvent vendus très tôt dans l’année aux abonnés réguliers.



Avec mon billet en poche, j’ai décidé de rendre cette expérience encore plus mémorable en participant à un « matchday tour ». Ce fut une véritable immersion dans l’univers d’Arsenal : je me suis assis sur le banc où Mikel Arteta, Unai Emery ou encore Arsène Wenger ont pris place. Ce moment m’a permis de mesurer l’immense responsabilité de ces hommes. Depuis, mon respect pour Wenger, mais aussi pour ses successeurs, n’a fait que grandir.
Cependant, l’attente jusqu’au jour J a été marquée par des doutes. Arsenal enchaînait les défaites et perdait des joueurs sur blessures. À un moment, l’idée de revendre mon billet m’a traversé l’esprit. Mais la devise des Gunners, « Whether we win, lose or draw, we are still Gunners, » m’a rappelé pourquoi j’étais là.
Le 22 janvier 2025, le grand jour est arrivé. Malgré les aléas de la SNCF (mon train avait 30 minutes de retard à l’arrivée), tout s’est bien déroulé. Avec un timing serré, j’ai tout de même attrapé mon Eurostar de justesse. Une fois arrivé à Londres, sous un ciel typiquement couvert, l’atmosphère des jours de match m’a immédiatement enveloppé.
Mon logement, situé près de l’ancien stade d’Highbury, était idéalement placé à 15 minutes à pied de l’Emirates Stadium. Le quartier respire l’histoire du club, et tout semble dédié à Arsenal, la seule grande équipe du nord de Londres.
Le matchday tour fut une première étape inoubliable. J’ai même croisé d’autres Français, venus eux aussi vivre ce moment unique. Après un verre partagé dans un bar de supporters, je me suis dirigé vers les tribunes, deux heures avant le coup d’envoi.
L’ambiance dans le stade était électrisante : les chants des supporters, les lumières du light show, et enfin l’hymne de la Ligue des champions ont donné à cette soirée une dimension magique. J’étais assis près du Northbank Turnstile F, dans le block 11, row 19, une place parfaite pour profiter du spectacle.
Le match Arsenal vs Dynamo Zagreb a été à sens unique. J’ai eu la chance d’assister à deux des trois buts marqués : la superbe réalisation de Declan Rice, suivie de celles de Kai Havertz et Martin Ødegaard. Chaque but a déclenché une explosion de joie dans le stade, et je me suis senti connecté à des milliers de supporters partageant la même passion.
En quittant le stade, mon cœur était rempli d’émotions et de souvenirs inoubliables. Cette soirée m’a rappelé pourquoi je suis tombé amoureux d’Arsenal. Enthousiaste et heureux, je savais que ce moment resterait gravé dans ma mémoire, un rêve enfin réalisé.
Écrit par Bruno Bizimana Amani
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