Hier encore, je m’émerveillais devant la Sagrada Família, ce chef-d’œuvre où Gaudí inscrivait la nature dans chaque détail. Aujourd’hui, le Park Güell m’attendait, prêt à m’offrir une autre facette du génie de cet architecte visionnaire. Si la Sagrada m’avait laissée sans voix, le Park Güell allait me la rendre pour que je prononce un mot simple et puissant : “WOW”.




Dès l’entrée principale, j’étais accueillie par une explosion de couleurs. L’escalier monumental, avec ses mosaïques scintillantes, conduit au célèbre dragon, le Drac, dont la bouche laisse jaillir l’eau d’un réservoir caché sous la place. Ce symbole de la Catalogne, à la fois ludique et majestueux, semble veiller sur le parc, comme une invitation à explorer cet univers où l’art et la nature se mêlent.



La Plaça de la Natura , au sommet de l’escalier, m’a littéralement coupé le souffle. Encadrée par un banc ondulé, recouvert de fragments de céramique multicolores, elle offre une vue panoramique sur Barcelone. Là, assise quelques instants, je laissai mon regard se perdre dans l’horizon. La ville s’étalait à mes pieds, vibrante, vivante. Et, au loin, la silhouette imposante de la Sagrada Família se dessinait comme un fil conducteur de mon voyage.



En arpentant les chemins du parc, je découvris les viaducs et les portiques. Parmi eux, le Pòrtic de la Bugadera, ce portique en forme de vague, soutenu par des colonnes inclinées, m’a particulièrement marquée. L’une des colonnes, ornée d’une sculpture, évoque une lavandière au travail, ajoutant une touche humaine et nostalgique à cette architecture déjà si expressive.

J’y ai rencontré des musiciens qui n’ont pas encore oublié leurs rêves, certains jouant de la guitare, d’autres du piano. Une générosité unique, propre à ce pays, émanait de ces génies de rue au talent souvent sous-estimé. Ce mélange de nature, d’art et de musique m’a émue et transportée dans un autre monde (mes rêveries).





Plus loin, en traversant les chemins bordés de mosaïques et de végétation, je découvris la colline du Calvaire. Son sommet, orné de trois croix, offre le point de vue le plus élevé du parc. C’est ici que l’on ressent toute la foi de Gaudí. Du haut de cette colline, Barcelone se dévoile dans toute sa grandeur, tandis que le vent joue avec nos cheveux, comme pour nous rappeler la liberté et la sérénité de cet endroit.



Dans un coin plus secret du parc, je tombai sur la Font Salva, cachée au cœur de la Salle Hypostyle. Jadis, cette fontaine jaillissait d’une source riche en magnésium, vendue sous le nom de Sarva par Eusebi Güell. Apprendre que ce parc, aussi artistique soit-il, avait également une fonction utilitaire et sanitaire me rappela combien la vision de Gaudí allait bien au-delà de l’esthétique.
Cette matinée haute en couleurs m’a offert bien plus qu’une promenade. Le Park Güell est une immersion dans l’imaginaire d’un génie, où chaque détail raconte une histoire. C’est un lieu où la nature et l’art dialoguent, où l’on comprend que la beauté se trouve dans l’harmonie entre l’homme et son environnement.




Assise sur ce banc ondulé, à contempler la ville et les merveilles autour de moi, j’ai compris que le véritable “WOW” réside dans cette capacité à s’émerveiller, à retrouver cet enfant en nous qui voit encore la magie dans chaque détail. j’en garde de beaux souvenirs.



Écrit par Aliane UMUTONIWASE