Le titre de cet article me vient d’une émission du journal de 13h de la semaine dernière, lorsque j’ai appris que l’Opéra Garnier allait célébrer ses 150 ans cette année. Immédiatement, une foule de souvenirs a envahi mon esprit. J’ai foulé pour la première fois le sol de cet édifice mythique en octobre 2019, puis de nouveau en juin 2021. Mon premier contact avec ce lieu fut une révélation : la magnificence des statues représentant des divinités ornant l’extérieur du bâtiment m’avait fascinée. Mais c’est en franchissant ses portes que j’ai ressenti une émotion indescriptible. Une pensée un peu folle me traversa alors l’esprit en contemplant le grand foyer : « Il n’a rien à envier à Versailles et sa galerie des Glaces. »
Cette pensée fut presque confirmée par les mots de son architecte, Charles Garnier, qui disait : « Laissez-moi vous dire que ce grand foyer me paraît une grande et belle salle, et que j’ai dans l’idée que je ne suis pas le seul de mon avis.»




Mais revenons un instant sur l’histoire de ce joyau. L’Opéra Garnier a été commandé par Napoléon III au jeune architecte Charles Garnier. Ce dernier a conçu un édifice extraordinaire, mélangeant les styles classique, baroque et révolutionnaire. Ce bâtiment renferme des merveilles architecturales et des anecdotes fascinantes. Prenons par exemple le grand escalier à double révolution, une création magistrale en marbre de 30 mètres de hauteur, flanqué de balcons qui évoquent la parade bourgeoise d’antan. Il était, et reste encore, un lieu où il faut être vu. Cet escalier ostentatoire est un véritable symbole du palais Garnier.


Une autre particularité remarquable est la légendaire loge du fantôme de l’opéra, qui nourrit tant d’histoires. De plus, saviez-vous que cet opéra a été le premier au monde à adopter l’éclairage électrique en 1881 ? Cette innovation marquait une étape importante dans l’évolution des salles de spectacle.
En 1975, l’Opéra Garnier a encore une fois écrit l’histoire : pour la première fois, un opéra fut retransmis en direct à la télévision avec le « Don Giovanni » de Mozart.
Un autre lieu incontournable, souvent moins connu du grand public, est le foyer de la danse, situé en arrière-scène. Ce lieu, dans la continuité du plateau, a longtemps nourri des histoires et des mystères, à la hauteur de la réputation de l’opéra lui-même. Le foyer de la danse apparaît parfois en fond de scène lorsque tous les éléments de décor sont enlevés, offrant un aperçu rare de ses coulisses fascinantes.
Ce qui rend cet édifice encore plus fascinant, c’est son lien avec ma ville d’adoption : Bordeaux. Charles Garnier lui-même a reconnu s’être inspiré du Grand Théâtre de Bordeaux, conçu par Victor Louis. Tout comme l’Opéra Garnier, le Grand Théâtre prépare le spectateur à l’expérience artistique en l’immergeant dès son entrée sous ses majestueuses arcades.




Si Bordeaux m’offre la douceur et la chaleur de ses ruelles, Paris reste pour moi la capitale de l’élégance, du raffinement et des mystères. Entre ces deux villes, mon cœur balance, mais l’écho de l’histoire résonne dans chacune de leurs pierres.
Ai-je noté dans mon carnet : « L’art et l’architecture ne sont pas de simples témoins du passé, ils sont une invitation à rêver, à s’émerveiller et à s’élever au-delà du quotidien. »
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Écrit par Aliane UMUTONIWASE
Superbe , une belle plume et de solides connaissances . Et aussi beaucoup d’amour pour notre pays