Parce qu’il existe des êtres qui ressentent votre absence à travers votre silence.
Parce que des inconnus passent, parfois, et s’attachent au connu de votre expérience.
Parce que la vie regorge de mille façons de nous empêcher de nous complaire dans le rien.
On ne revient pas toujours parce que l’on est prêt.
On revient aussi parce que quelqu’un, quelque part, nous a dit que même imparfait, même hésitant, c’était préférable. Alors je reviens. À l’imparfait. Je reviens dire bonjour. Je reviens dire que je vais bien. Je reviens pour l’amour reçu, et pour celui que j’essaie, modestement, de rendre en retour.
Bonne année à celles et ceux qui m’ont écrit, parfois sans raison, parfois sans attente. Ces ça va ? inattendus font plus de bien qu’on ne l’imagine. C’est à cette générosité que je réponds aujourd’hui.
Ainsi s’achève le mois des résolutions. Ainsi se referme un premier chapitre de 2026. Nous voilà déjà un peu plus vieux de nos rêves, parfois déçus par nos quêtes de perfection, mais replacés face à une vérité plus simple : celle de nos habitudes, de nos renoncements, de nos élans persistants aussi. Pour les plus fatalistes, l’heure est au retour de l’ancien. Pour les espérants, la route reste ouverte. En onze mois, on peut encore reformuler, ajuster, réajuster.
Au moment où j’écris ces lignes, je suis dans un avion. Dans quelques minutes, j’atterrirai à Lyon. Le voyage aura été court, plus court qu’annoncé : quarante-cinq minutes à peine depuis Bordeaux. Je ne sais pas exactement pourquoi je tiens à le dire. Sans doute parce que le déplacement compte autant que l’arrivée. Sans doute parce que chaque ville nouvelle est une occasion silencieuse de renouer avec soi, avec une part de l’âme que l’on espère un peu plus accueillante aux premières fois.
Après l’atterrissage, je me suis dirigée vers un musée qui m’était revenu en mémoire : le musée des Confluences. Les extérieurs m’ont marquée. Le nom aussi. La rencontre de deux fleuves. Leur jonction. Cette image m’a rappelé ma Garonne bordelaise, en moins de couleur peut-être, mais pas en moins de sens.
J’ai commencé par les expositions temporaires. Elles étaient quatre. Je les ai traversées comme on traverse des mondes très différents, sans chercher à tout retenir. Puis je suis montée vers l’exposition permanente. Là, le temps semblait ralentir. J’ai avancé lentement, attentive à ce qui, parfois, s’arrête en nous sans faire de bruit. Certaines histoires passent. D’autres laissent une trace. Quelques phrases, surtout, trouvent un endroit où se déposer.
Les musées ont ce pouvoir : ils ne nous apprennent pas toujours quelque chose de nouveau, mais ils réveillent ce que nous savions déjà, sans avoir pris le temps de le formuler. On en ressort rarement indemne, mais souvent déplacé d’un pas seulement, presque imperceptible.
Je ne sais pas si j’ai écrit quelque chose d’utile. Je sais seulement que j’ai écrit pour me rappeler à vous. Et pour me rappeler à moi-même. Je suis là, aussi longtemps que la vie le permettra. Désormais, mensuellement. D’ici là, prenez soin de vous.
Écrit par Aliane UMUTONIWASE
Bonjour Aliane, je ne lis pas toujours tes nouvelles , mais aujourd’hui j’ai pris le temps , et j’ai bien fait
c’est très beau , très simple très calme , ca me rappelle la sensation que j’ai eu pendant la croisière sur le Mékong : le fleuve de la vie
Continue à écrire
A bientôt
Annie
Bonjour Annie,
Merci beaucoup pour tes mots. Ils me touchent beaucoup .
Je suis heureuse que ce texte t’ait rappelé cette sensation vécue sur le Mékong, ce fleuve de la vie…
J’ai hâte, à mon tour, d’écouter le récit de ton voyage et je te souhaite d’en vivre encore beaucoup d’autres riches des rencontres .
À très bientôt,
Aliane