Toute mon existence, j'ai récité des prières. À Fátima, j'aurais pu faire de même, car c'est ce qu'il y a de plus rassurant : on est certain d'avoir prié. Mais ici, pourtant, j’ai osé autre chose. J’ai osé parler. Parler de ma vie, de ce chaos que je tente d’apprivoiser. J’ai évoqué mes hébergements transitoires, ma solitude qui s'étire, mes inquiétudes qui s’accrochent. J’ai parlé de mes amis, ceux que j’ai cessé de considérer comme tels, ceux qui ignorent encore qu’ils comptent. J’ai évoqué ces étrangers qui, contre toute attente, m’ont offert un soutien inespéré.
J’ai parlé de ma famille, de ceux qui ressentent mes douleurs comme les leurs, de ceux qui souffriraient si je venais à rester dans l’ombre. J’ai murmuré le prénom de mon neveu, ce petit être qui m’a donné mille et une raisons de sourire. J’ai prié pour qu’il retrouve l’appétit. Et en parlant aux autres, en me parlant à moi-même, j’ai découvert un certain apaisement, une lumière discrète mais réelle.
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