Barcelone : la Sagrada Família

Barcelone

Quand l’hiver battait son plein, je savais que quelque part dans le monde, le printemps pouvait se montrer en avance. Si je décidais de voguer vers ces horizons-là, cela me permettrait d’ôter mon manteau pour porter quelques chemisiers reçus en cadeau. Je savais que je pouvais compter sur mon étoile : le soleil était bien là, pas loin.  
En deux ou trois clics, je découvris que Dieu, comme toujours, avait béni les Catalans et la Catalogne. Il allait faire de même pour tous les amoureux qui s’aventureraient dans la capitale de cette région. Après tout, Barcelone et moi, nous avions une histoire. La prolonger me semblait une évidence.  
C’est ainsi que je quittai Bordeaux un matin froid du 31 janvier et atterris à Barcelone le soir. Une nuit fraîche mais paisible m’accueillit, avec quelques degrés de plus et un brouhaha prometteur de compagnie catalane.  
Après avoir déposé ma valise pour quatre nuits complètes, je sortis et réalisai que la Sainte Famille n’était pas loin. Par là, j’entends bien sûr la Sagrada Família. Un peu de culture, donc !  
Ce monument, à lui seul, mérite un article de ma part. Puisse-t-il vous fasciner comme il m’a fascinée, et quelque part façonnée. N’est-ce pas que les voyages nous donnent autant d’eux-mêmes que nous leur laissons un peu de nous-mêmes ?  

La Sagrada Família: Jour premier 

Elle m’est d’abord apparue dans une nuit noire de Barcelone. La magnifique façade de la Passion est un témoignage du martyre de Jésus, ornée de 18 petites colonnes en forme d’os.  
J’appris plus tard que la construction de la Sagrada Família, commencée en 1882, est inspirée des Évangiles. Elle a pour objectif de transmettre la foi chrétienne au monde entier. Cette architecture est une invitation à contempler, même de l’extérieur, ce Dieu qui s’est fait homme.  
J’appris également que 13 tours sont actuellement achevées : 4 tours de la Nativité, 4 de la Passion, et 4 du transept, dédiées aux évangélistes. Ces dernières sont surmontées des symboles ailés de leurs figures respectives : le lion de Marc, le bœuf de Luc, l’homme de Matthieu et l’aigle de Jean. Quant à la tour de la Vierge, elle brille le jour sous la lumière du soleil et scintille la nuit, telle une étoile dans le ciel de la ville.  
Une fois terminée, l’église comptera 18 tours, dont la tour centrale, qui sera la plus haute et dominera Barcelone.  

Deuxième jour

La nuit précédente et la façade de la Passion m’avaient insufflé une envie irrépressible : visiter la Sagrada Família de jour. Je ne voulais pas seulement admirer l’extérieur, mais entrer et découvrir ce qu’elle avait de si particulier.  
J’achetai mon billet d’entrée pour une trentaine d’euros. Grâce à Dieu, j’arrivai de bonne heure, ce qui me permit d’éviter la foule et d’entrer tôt.  
Une fois à l’intérieur, ce fut la stupéfaction. Je n’avais jamais vu une telle splendeur. L’église semblait baigner dans une lumière presque divine, comme si le soleil s’y était invité pour la sublimer. Les vitraux, magnifiquement colorés, laissaient passer une lumière qui variait au fil de la journée, offrant un véritable spectacle chromatique.  
L’architecture, inspirée de la nature, m’émerveilla. Les hautes colonnes semblaient vivantes, telles des arbres s’élevant vers le ciel. Gaudí avait imaginé une forêt sacrée, et je me sentais comme dans une cathédrale naturelle. Les détails sculptés rappelaient des feuilles, des fleurs et des branches, un hommage puissant à la Création.  
Chaque pas dans cet édifice me faisait découvrir une nouvelle subtilité. Les voûtes, incroyablement hautes, semblaient se perdre dans l’infini. Les formes organiques des sculptures et l’équilibre entre modernité et spiritualité créaient une atmosphère unique.  

En contemplant la lumière danser sur les murs et le plafond, je compris que cette œuvre ne se contentait pas d’être un bâtiment religieux. C’était une déclaration d’amour à la foi, à l’art et à la nature, un lieu où chaque visiteur pouvait trouver un sens, qu’il soit croyant ou non.  

Au tout début, je disais que les voyages nous façonnent. Ils nous façonnent vraiment. La première fois que je suis allée à Barcelone, la Sagrada Família me semblait informe, vieille et triste. Elle n’était qu’un chantier interminable à mes yeux. Je ne voyais ni sa beauté, ni l’intérêt qu’on pouvait lui accorder. Ce voyage-là n’avait pas été joyeux, ni personnellement, ni touristiquement.  
Mais revenir à Barcelone, quatre ans plus tard, m’a ouvert les yeux. Ce second voyage m’a permis de mesurer combien le temps peut nous transformer, combien notre regard sur le monde peut évoluer. J’ai compris que le bonheur réside avant tout dans la manière dont nous choisissons de percevoir les choses.  
La Sagrada Família, qui autrefois me semblait terne, est devenue pour moi un chef-d’œuvre. J’y ai vu du génie. J’y ai ressenti une sérénité profonde. Ce lieu m’a émue comme jamais auparavant.  


J’ai même gravi l’une des tours, et là, depuis le ciel de la Sainte Famille, j’ai contemplé Barcelone d’un regard neuf, empli de gratitude. À cet instant, tout avait un sens. La Sagrada Família n’est pas seulement une œuvre d’art ou un lieu touristique. Elle est une ode vivante à Jésus, Marie et Joseph, la Sainte Famille.  

Ainsi, ce voyage m’a rappelé que la beauté et la joie ne se trouvent pas uniquement dans les lieux que nous visitons, mais aussi dans ce que nous apportons avec nous : nos expériences, notre maturité et notre capacité à nous émerveiller à nouveau.

Écrit par Aliane UMUTONIWASE

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