Plus proche de ma solitude,
Face à mes contradictions,
Face à ma foi qui tangue,
Face à moi-même.
Combien de vies ai-je eues dans cette vie ?
Combien en ai-je vécues,
avec passion ou résignation ?
Combien en ai-je subies,
silencieusement, sans même comprendre ?
Combien en ai-je choisies,
vraiment choisies ?
Il m’arrive de me poser des questions.
Il m’arrive de questionner les absents.
Il m’arrive d’interroger mes absences
dans la vie de ceux qui auraient aimé que je sois présente.
Il m’arrive de murmurer :
S’ils savaient qu’ils sont si présents dans ma tête…
Mais que je ne peux, ni ne vois comment avancer avec eux,
sans jouer un rôle, sans trahir une part de moi.
C’est drôle…
Combien je me sens si petite.
Combien je me vois si grande.
Combien tout cela est étrange.
Parfois, je me dis qu’il ne me manque rien,
tant ce « rien » qui ne me manque pas
est le lien même de ce qui me manque.
Ça fait longtemps que je n’ai pas publié sur certains réseaux.
Trop d’inconnus. Trop de superficialité.
Ça fait quelque temps que je me dévoile sur un seul réseau à ceux qui me connaissent .
Trop de mépris. Trop d’indifférence.
Les inconnus nous aiment pour ce que l’on fait.
Ceux qui nous connaissent se lassent et nous ignorent pour les mêmes raisons.
Le soutien n’a pas de visage.
Il est souvent là où l’on l’attend le moins !
Ça fait longtemps que je me suis laissé aller.
Un kilo par-ci, un kilo par-là…
Depuis deux mois, je me suis reprise en main.
Un kilo par-ci, un kilo par-là…
Le « longtemps » m’a fait gagner une trentaine de kilos.
Les deux mois m’en ont soustrait huit.
Je me sens belle.
Peut-être que la beauté a quelque chose à voir avec le choix.
L’autre jour, avec un ami,
on m’a traitée de sale nègre.
Cela m’a énervée…
Pas tant l’insulte qui m’a transpercé le cœur,
mais ma colère,
cette colère qui n’a pas su sortir au bon moment.
La peur est encore si vive.
Le sentiment que ce qui a été dit ne devait pas être dit
se confronte à l’idée que ce qui a été dit ne pouvait pas être pensé.
Alors je me tais, mais en moi, quelque chose crie.
Cela fait quelque temps que les gens meurent chez les voisins.
J’en vois certains partir dans un élan patriotique ,
comme si fermer les yeux effaçait l’horreur,
comme si l’éloignement du sujet était un alibi à l’indifférence.
Je me tais,
pour ne pas m’aventurer sur un terrain vague.
Mais ce silence m’étouffe.
Je suis complice de ce silence.
J’ai honte d’être dans le camp de ceux qui détournent le regard.
Je me déteste de ne pas dire :
Vous qui mourez,
vous n’avez rien demandé.
Je vous pleure.
Écrit par Aliane UMUTONIWASE
Le regard des autres est toujours différent de celui que l’on porte sur soi même . Et c’est très difficile à vivre et pourtant le plus important est notre propre regard. J’ai juste envie de te dire que tu es une belle personne et que tu as une belle plume. Et que je t’admire
Ton message me touche profondément. Tu as toujours su trouver les mots justes, et une fois de plus, tu mets en lumière une vérité que je partage. J’espère que tu es au courant du bonheur que tu m’as apporté, à travers ton regard bienveillant, ton soutien et ta présence. Merci pour tes mots, ton amitié et cette admiration qui me va droit au cœur.
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