À la Une Le penseur de Rodin

Le vertige d’exister

Longtemps, je me suis contentée d’être heureuse parce que les autres l’étaient. Le bonheur par procuration, me direz-vous. Et pourtant, lorsque le bonheur des autres existe grâce à nous, il est aussi le nôtre. Avec mon cœur contemplatif, j’étais sans doute faite pour les petites victoires : les regards émerveillés posés sur la nature, l’éblouissement des choses simples qui préparent aux grandes. J’aurais pu monter les marches une à une ; l’ascenseur de l’existence me donnait le vertige. Je me suis perdue à quelques étages, alors j’ai choisi de redescendre prendre mes escaliers.

À la Une Parlons de la vie

Fragments du mois de juillet

2. La vie suit toujours son cours. Parfois, on croit être à court… alors on se met à courir. Sage est celui qui sait qu’il va mourir, mais qui comprend que, même en se sachant mortel, il peut encore mûrir, nourrir son esprit, nourrir son corps, et rêver toujours… tant qu’il peut se lever, tant qu’il peut s’élever. 7. Les gens sont nos miroirs. Ils reflètent ce que nous sommes et ce que nous paraissons, nous forçant à voir ce que nous aimerions devenir et, parfois à nos dépens, ce que nous devrions changer pour ne plus nous haïr. On s’aime mal quand on s’aime seul ; on s’aime mieux quand on sème avec les autres les graines du partage. 19. Nous sommes plus grands que l’histoire qu’on raconte sur nous, plus subtils que les perceptions qu’ils ont de nous. Nous ne sommes pas de simples morceaux ramassés sur le chemin, mais l’histoire entière : celle d’avant eux, celle de toute notre vie. Et nous seuls sommes aptes à nous donner la sentence. 25. Qui sait ce qui nous sortira de notre ignorance ? Parfois, c’est une question qui nous oblige à creuser jusqu’à la réponse. Parfois, c’est quelqu’un de simple qui nous voit grand et qui, par ce regard, nous incite à être à la hauteur. Chacun compte dans la vie de chacun… encore faut-il le voir.

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Fragments du mois de juin

On dit qu’il faut reculer pour mieux sauter. Je dis qu’il faut souhaiter que la chute ne brise pas nos côtes et que le saut ne nous fasse pas oublier le recul qui l’a rendu possible avec grâce. On peut prévoir, forcer, espérer… mais les choses n’arrivent que lorsqu’elles le doivent. Et souvent, c’est après l’attente, le doute ou le détour, que l’évidence surgit. Une vie sans but n’est pas nécessairement douloureuse, mais seule une vie avec un but peut retenir un monde qui menace de s’effondrer. La vie n’est pas une ligne. Elle est informe. Nous passons notre temps à la formuler, la reformuler, lui donner un sens, une forme à laquelle s’accrocher. La vie est vaste, infinie, impossible avec une infinité de possibles, et possible avec une infinité d’impossibles.

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Poésie: Tout avoir

Tout avoir m’aurait ôté la chance que seuls ceux qui manquent trouvent dans les petites choses de la vie. Tout avoir m’aurait privé de ces élans immenses que seuls ceux qui ont peu nourrissent en rêvant grand. Tout avoir m’aurait appris l’ennui de ne rien chercher, quand on trouve sans même avoir cherché. Tout avoir m’aurait volé la joie de ne désirer que ce qui dépend de l’argent, car je possède ce qui dépend de moi. Tout avoir m’aurait enlevé l’effort du voyage, la force et le courage, la joie après les peines, la générosité de ceux qui m’entourent, l’amour de ceux qui comptent et le pouvoir fragile mais vrai de ceux qu’on aime pour ce qu’ils sont, non pour ce qu’ils représentent.

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Fragments du mois de mai 

Plus je grandis, plus je sens que la partie la plus ancienne de moi, c’est l’enfance. Comme si l’enfant que j’étais contenait déjà tout ce que je suis. Il m’observe encore, depuis ce passé immobile, avec une sagesse étrange. L’enfant en moi est vieux , vieux de toutes les questions que je n’ai jamais cessé de me poser. Une vie ne tient pas seule. Elle s’appuie, elle s’entrelace, elle s’allume au contact d’autres vies. Le partage ne fait pas que relier : il révèle, il élève. Ceux qui comprennent cela savent que donner, c’est parfois la plus belle façon d’exister. Ce qui se termine prépare, consciemment ou non, l’arrivée de ce qui vient.

À la Une La falaise Jules Breton , Musée d'Orsay

Poésie: Il y a de l’espoir, oui…

La semaine dernière, je me suis arrêtée sur ces phrases toutes faites que l’on prononce sans vraiment y penser.Celles que l’on glisse dans les silences, parce qu’elles sonnent bien, parce qu’elles réconfortent ou qu’elles évitent d’avoir à creuser. Elles sont parfois belles, parfois faciles, parfois cruellement à côté. Parmi elles, il y avait cette maxime …

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L’incendie: Le jour où le feu a frappé à ma porte

Un matin d’avril, une odeur. Un cri. Des jambes qui flanchent. Un feu qui monte. Et puis, cette pensée obsédante : « Je suis en vie. J’ai eu de la chance. » Dans ce récit intime d’un incendie, je raconte la peur, l’instinct, le miracle du peu, et cette révélation : parfois, il faut que tout vacille pour se souvenir de ce qui compte.

À la Une Parlons de la vie

Fragments du mois de Mars

3. On ignore souvent où le vent nous mène, où notre curiosité nous embarque, et qui débarque lorsque l’on laisse entrer d’autres connaissances. Apprendre, c’est se dépouiller perpétuellement, faire un deuil heureux de ce que l’on est et devenir un autre nous, en permanence ! 4. La vie est une histoire de fouille, d’apprentissage et de découverte. Une histoire continue, permanente, même dans l’impermanence ; infinie, même dans la finitude. La vie est une histoire sans fin et nous, une histoire indéterminée, toujours à révéler, toujours à écrire, toujours à décrire ! 6. La vie est faite de joies, de partages et d’amour. De tous les amours, j’admire l’amitié : lorsque les âmes se hissent à la hauteur des enjeux. Se risquer à aimer sans rempart, sans contrat ni sang. Les amis s’aiment, non par devoir mais par choix, non par désir charnel mais par une connexion spirituelle.

À la Une Parlons de la vie

Que faites-vous de votre vie ?

J’aime les questions existentielles, elles me rappellent mon enfance, cette époque où tout restait à prendre, à apprendre, dans l’espoir de comprendre. À cette époque-là, j’avais des questions et je cherchais des réponses. Aujourd’hui, j’ai fait taire les questions. Je n’ai toujours pas de réponses, mais j’ai appris à vivre avec des certitudes fondées sur des croyances. Quelle contradiction… Quelle tragédie que de devenir adulte ! Si l’enfance savait, elle ne poserait pas autant de questions aux adultes qui, depuis longtemps, ont renoncé à la magie de chercher.