La semaine dernière, je me suis arrêtée sur ces phrases toutes faites que l’on prononce sans vraiment y penser.
Celles que l’on glisse dans les silences, parce qu’elles sonnent bien, parce qu’elles réconfortent ou qu’elles évitent d’avoir à creuser. Elles sont parfois belles, parfois faciles, parfois cruellement à côté. Parmi elles, il y avait cette maxime : « Tant qu’il y a la vie, il y a de l’espoir. » Alors j’ai pensé à l’espoir. Et au désespoir. À cette étrange bataille que ces deux forces livrent en nous, selon les saisons de l’âme. J’ai écrit un texte. Il commence par une désillusion… et finit, peut-être, par un consentement à espérer. Je vous le partage ici. Lisez-le, appréciez-le, questionnez-le, critiquez-le si besoin. Mais surtout, interrogez-le à l’aune de votre propre vie. Car l’espoir et le désespoir, plus qu’un duel, sont peut-être les deux visages d’un même élan : celui de vivre. C’est parti :
Il disait toujours : tant qu’il y a la vie, il y a de l’espoir.
Quelle phrase absurde, je répondais :
Tant qu’il y a la vie, il y a tout !
Il y a de l’espoir, oui… mais quel désespoir :
D’espérer souvent en vain,
De s’abreuver de vin à défaut d’être entendu du divin.
Il y a de l’espoir, oui… mais quelle tristesse :
D’attendre que la vie se passe
Au moment même où le présent s’efface,
Et déjà s’inscrit au passé.
Il y a de l’espoir, oui… mais quelle illusion :
De faire allusion à une autre vie que la nôtre,
De faire de l’incertitude une certitude,
Comme si demain était une lune de miel.
Quelle futilité cruelle !
Il y a de l’espoir… mais qui peut dire
Que la vie ne s’effrite pas,
Que l’enfance n’aboutit pas à la vieillesse,
Que la maladie ne mène pas à la mort,
Malgré l’amour que l’on porte à la vie ?
Qui peut dire que l’espoir est un remède
Quand il n’est qu’un retard,
Avant la dose létale ?
Il disait toujours : tant qu’il y a la vie, il y a de l’espoir.
Et je lui répondais : quelle phrase absurde !
Douée d’arguments, je pouvais tuer ses rêves de paix.
Mais qu’est-ce que l’espoir, au juste ?
Alors je me surprenais à songer à cette autre phrase :
« L’espoir fait vivre. »
Il fait vivre… parce qu’on rêve.
Parce qu’on essaye encore.
Et lorsque « encore » ne suffit plus,
On cesse.
On se glisse ailleurs.
Là où le rêve peut reprendre forme.
L’espoir fait vivre
Parce que la vie est faite d’attentes,
De tentatives, d’ententes
Et qu’en tentant,
C’est l’espoir que l’on invite,
Pour nous murmurer
Que nos efforts ne seront pas vains.
L’espoir fait vivre…
On vit si bien quand on pense
À un avenir plus grand,
À une vie pleine,
À ce que l’on attend depuis longtemps.
Alors oui…
Désespérons de ce qui mérite le désespoir,
Et gardons l’espoir,
Tant qu’il y a la vie.
” Entre espoir et désespoir, il n’y a pas de victoire. Il y a la lucidité d’un cœur qui bat encore.
Espérer, ce n’est pas attendre c’est oser croire que l’attente a un sens.” Ai-je noté dans mon carnet
Écrit par Aliane UMUTONIWASE