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Février : le désert et la joie

Que montre cette photo ? Une jeune femme. Moi. Et la main de notre évêque qui dépose sur mon front une croix de cendres en murmurant : « Convertissez-vous et croyez à l'Évangile. » Il aurait pu dire aussi : « Tu es poussière, et tu retourneras à la poussière. » Il n’y a rien …

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À la Une Notre-Dame de Talence messe

Au-delà du doute

C’est au moment où l’on questionne la liberté elle-même que l’on découvre la vérité : la plus grande liberté consiste à reconnaître ses limites. À admettre qu’on peut proclamer sa liberté sans jamais l’expérimenter. Qu’on peut courir après mille choses pour fuir, tout en se forgeant d’autres chaînes. Qu’on peut s’éloigner de la vie en croyant la trouver, tout comme on peut chercher la vie alors qu’elle est déjà là, humble et fidèle.

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Ma vie, riche de tout et de presque rien

Je découvre que chaque vie, même lorsqu’elle semble ordinaire, porte en elle une force que l’on ne voit pas toujours. Nous avançons avec nos questions, nos silences et nos petites victoires, et pourtant quelque chose nous tient, quelque chose nous dépasse. Je dédie ces mots à ceux qui se sentent en marge, à ceux qui doutent de leur valeur, à ceux qui pensent n’avoir rien d’exceptionnel à offrir. Une vie n’a pas besoin de briller pour inspirer. Il suffit qu’elle soit vraie, courageuse et fidèle à son propre chemin. » Ai-je note dans mon carnet 

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Lundi de mémoire, Lundi de foi

Ayant grandi dans la foi catholique, j’accueille cette semaine avec une intériorité plus vive qu'à Noël ou toute autre fête, elle me touche. Peut-être parce qu’elle met à nu l’humanité, dans ce qu’elle a de fragile, de traître, de fidèle, d’héroïque parfois. Dans la Passion de Jésus, je ne me projette pas en lui. Je me reconnais dans ceux qui l’entourent, le condamnent, le soutiennent, l’abandonnent. Je suis Pierre, qui l’a renié trois fois (Luc 22, 61). Je suis Jean, qui l’a suivi de loin jusqu’à la croix (Jean 19, 26-27). Je suis Judas, qui l’a trahi d’un baiser (Matthieu 26, 47-50). Je suis Simon de Cyrène, contraint mais présent, qui l’aidait à porter la croix (Luc 23, 26). Je suis la foule, changeante, qui criait : « Crucifie-le ! » (Luc 23, 21). Je suis Pilate, lâche, lavant ses mains mais non sa conscience (Matthieu 27, 24). Je suis Véronique, selon la tradition, qui essuie un visage plein de sang. Je suis Marie, silencieuse, debout dans la douleur. Je suis ces femmes à qui Jésus dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi. Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants. » (Luc 23, 28). La Semaine sainte me révèle à moi-même. Elle met à nu mes manques, mes fuites, mes élans aussi. L’acte du Christ m’émeut, me dépasse, me redonne souffle. Même sans être croyant, il me semble qu’on peut y voir une histoire belle, tragique, profondément humaine et, peut-être, une forme d’espérance.

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Voyage: Fátima

Toute mon existence, j'ai récité des prières. À Fátima, j'aurais pu faire de même, car c'est ce qu'il y a de plus rassurant : on est certain d'avoir prié. Mais ici, pourtant, j’ai osé autre chose. J’ai osé parler. Parler de ma vie, de ce chaos que je tente d’apprivoiser. J’ai évoqué mes hébergements transitoires, ma solitude qui s'étire, mes inquiétudes qui s’accrochent. J’ai parlé de mes amis, ceux que j’ai cessé de considérer comme tels, ceux qui ignorent encore qu’ils comptent. J’ai évoqué ces étrangers qui, contre toute attente, m’ont offert un soutien inespéré.  J’ai parlé de ma famille, de ceux qui ressentent mes douleurs comme les leurs, de ceux qui souffriraient si je venais à rester dans l’ombre. J’ai murmuré le prénom de mon neveu, ce petit être qui m’a donné mille et une raisons de sourire. J’ai prié pour qu’il retrouve l’appétit. Et en parlant aux autres, en me parlant à moi-même, j’ai découvert un certain apaisement, une lumière discrète mais réelle.

À la Une Lourdes, la grotte

Voyage: Lourdes

Il est si doux de prendre la mesure de sa paix lorsque l'on laisse la peur de côté et que l'on embrasse la joie d'être humain. Faible, mais repentante. Faible, mais soutenue. Si près et si loin à la fois. Cette fois-là, j'étais moi. Je ne ressemblais en rien à ma mère, et j'en étais heureuse. La foi est singulière, unique. On ne peut pas forcer les gens à l'avoir, car personne ne la détient avec certitude. Aimer Dieu librement, c'est s'abandonner à lui, le laisser nous aimer dans nos failles et nos fragilités. C'est explorer nos doutes, et, à défaut de le trouver dans les murs d'une église, le chercher au plus profond de notre cœur. C'est l'appeler comme bon nous semble, le questionner, le défier peut-être, mais toujours le garder près de nous, quoiqu'il advienne. C'est dans cette proximité intime et sincère que réside la véritable foi. Désormais, je passe ma vie à avancer, à chercher à être meilleure qu'hier, non par peur ou par obligation, mais par désir de laisser Dieu agir en moi. Car la foi n'est pas un poids, mais une lumière discrète qui guide mes pas, même dans l'obscurité.