Année 2025, Quelle année 

Chaque début d’année vient avec son lot de résolutions. Sur le chemin, il y a les déceptions, mais aussi des solutions. Et à la fin, un bilan.
Parfois, une année commence bien jusqu’à ce qu’elle s’annonce mal, mal engagée, chargée du malheur qu’elle promet : une maladie, un décès, une séparation… Ces grands malheurs peuvent effacer, un temps, les plus grands bonheurs.
L’inverse est tout aussi vrai. Une année peut mal commencer jusqu’à ce que la vie se rappelle à nous, nous trouve, et nous conduise là où nous n’avions jamais osé nous aventurer. Alors, le bilan devient positif.

Et puis il y a ces années où les choses prennent leur temps, tout en nous assurant que de petites victoires peuvent engendrer de grandes transformations.
Un « ça va » qui devient un « je t’aime ».
Une publication journalière qui devient une habitude.
Un voyage qui en rappelle d’autres.
Une décision qui nous met sur un chemin.
Et, en fin de compte, une espérance qui renaît et nous transforme.

Dans cet ultime article de l’année, je souhaite vous partager ce bilan de vie.
C’est parti. (Vous trouverez l’article en anglais ici).

Une année sportive

Fin 2024, j’ai emménagé dans un nouvel appartement, après une longue période de péripéties. En entrant dans ce lieu, je me suis fait une promesse : « habiter aussi un corps sain ».
Cette promesse est devenue ma résolution pour l’année 2025.

En janvier, j’ai écrit et publié un article dont les premiers mots ne laissaient aucun mystère :
« Tu m’as dit que ça s’appelait grandir, alors que ça s’appelait grossir.
Tu m’as dit que j’étais forte, alors que c’était une farce.
Tu m’as dit que le gras, c’est la grâce, alors que c’était grave. »

(Si le cœur vous en dit, le lien est toujours disponible, ici)

Six mois plus tard, j’avais perdu quatorze kilos. J’en ai ensuite repris quatre, comme un rappel : lorsqu’on croit être arrivé, c’est précisément là qu’il faut rester vigilant.
Cela dit, quand je regarde le chemin parcouru, je ne me focalise pas uniquement sur ces kilos repris, mais sur l’ensemble du processus. Je viens d’un manteau de gras, et il y a de quoi mesurer le succès, appréhender l’échec, et surtout chercher une solution pérenne.

Une année de voyage

Que je voyage seule ou accompagnée, pour explorer ou pour socialiser, j’aime le voyage. J’aime cette entreprise.
Le temps d’une parenthèse, mon chez-moi devient ailleurs, et cet ailleurs devient mon chez-moi. J’aime cette idée de me sentir chez moi partout, et de me rappeler que je suis ma propre patrie. Où que j’aille, avec les bonnes dispositions du cœur, j’arrive à être chez moi.

Cette année, j’ai fait un voyage solo à Madrid, où j’ai communié avec les supporters madrilènes, visité le Palais royal et bien d’autres monuments. Les voyages en solitaire portent en eux cette leçon : être ailleurs, compter sur les autres, et faire confiance à la bonté et à la générosité de ceux qui, une minute auparavant, ignoraient notre existence.

Puis il y a eu l’Andalousie, pour un road trip d’une semaine avec une amie. Ville après ville, décor après décor, ce voyage m’a rappelé que si le voyage solo enseigne l’autonomie, voyager à deux révèle la légèreté : cette science de compter l’un sur l’autre parce que l’on compte l’un pour l’autre.
À Madrid, solo, je venais d’un autre lieu, sur une terre inconnue. Avec Amandine, j’étais presque chez moi, en Espagne, certes, mais une Espagne où je pouvais survivre sans m’adresser aux locaux.
(Séville, Grenade, Málaga, Júzcar, le Caminito del Rey, Ronda, Mijas, Nerja.)

Je me suis aussi rendue deux fois en Norvège pour rendre visite à la famille. Un voyage différent, tant je m’y suis sentie chez moi. Non pas dans le Sud-Ouest de la France, mais sur les terres de mon enfance, auprès de personnes avec qui je partage des souvenirs lointains. Ces souvenirs qui nous ont construits, accompagnés, et que, bien que communs, nous n’avons ni habités ni habillés de la même manière.

Il y a eu Rome, deux fois. La Belgique. Paris. La Normandie. Nice. La Pierre-qui-Vire. Besançon. Orléans. Vendôme. L’Île de Ré. La Rochelle… et bien d’autres destinations que j’ai peut-être oubliées de mentionner, mais qui m’ont toutes apporté quelque chose.

Un jour, j’avais lu cette phrase que je me suis depuis appropriée :
« La terre est ma patrie, l’humanité ma famille. »
Quand je voyage, je ne me sens étrangère nulle part. Un bout de terre n’a jamais fait un chez-soi. Corneille l’a chanté ; je ne peux qu’être d’accord.

Une année de foi

La vie ou Dieu nous trouve sur le chemin. On ignore quand cela arrive, ni même si cela doit arriver. Mais après coup, on se dit avec certitude que cela devait arriver.

S’il n’y avait pas eu ce circuit de voyage, il n’y aurait pas eu Rome. Une amie de la paroisse m’a envoyé une photo pour le jubilé des jeunes à Rome. Il y avait des étapes avant Rome, et ces étapes m’intéressaient plus que Dieu lui-même, plus que le thème de l’espérance, peut-être même plus que les jeunes avec qui je devais partager l’expérience.

Je voyais surtout le voyage : un voyage organisé, culturel, enrichissant. Pontigny, Turin, Assise, Briançon.
Quelle ne fut pas ma surprise d’être  touchée par ces compagnons de voyage, d’avoir des conversations capables de m’émouvoir jusqu’aux larmes, et de lâcher une foi faite d’habitudes, celle que l’on traîne parce qu’on s’est toujours vu ainsi pour embrasser une foi en action.

J’ai écrit un article à ce sujet, et je n’ai pas encore fini de raconter les merveilles de Dieu. Du Dieu vivant chez les autres, qui m’a apprivoisée. Du Dieu que je désire servir plutôt que lui tourner le dos. Mes incertitudes ne pèsent pas autant que la consolation retrouvée.

Après Rome, il y a eu Verdelais, Montmartre, Lourdes, Lisieux, puis l’adoration perpétuelle au Sacré-Cœur, sans oublier les jeunes pros.
Je ne prétendrai jamais être plus grande en foi que je ne l’étais auparavant, mais simplement plus volontaire. Cette année me laisse avec cette certitude : chercher Dieu, c’est se chercher soi. Et se chercher soi, c’est, du moins pour moi, le but de la vie.

Une année de surprise

C’était après le jubilé des jeunes. C’était l’été.
Je n’avais pas vu ma sœur depuis six ans, ni mon neveu, bientôt âgé de deux ans. Nous avions rêvé cette rencontre, désiré ces retrouvailles. Mais que sont les rêves sans sacrifice ? Ils restent des rêves.

En sortant de la messe, la surprise était là : ma sœur, mon neveu, mon beau-frère, venus des États-Unis. Mes deux frères. Quelques amis venus des quatre coins de la France.
Je ne fêtais pas d’anniversaire. C’était un jour ordinaire.
Ils ont fait l’extraordinaire.

C’est une grâce d’avoir une famille. Une grâce d’être aimée par elle. Une grâce de savoir que, quelles que soient la vie et les circonstances, on reste l’une de ses priorités.
J’ai un trésor : j’ai une famille.

Une année de rencontres

Cette année fut celle des rencontres. Je ne saurais dire dans quel ordre les écrire, mais je me souviendrai toujours que ce fut une année où Dieu m’a souri.
Il m’a donné des amis. Et par eux, j’ai renouvelé ma foi en Dieu, cru à l’amour fraternel. Cet amour sans couleur ni condition, sans extravagance ni mondanités. Des amitiés tranquilles, qui font que, dans une nouvelle ville, vous avez quelqu’un à appeler.

Toulouse. Tours. La Pierre-qui-Vire. Sophia Antipolis. Boussy-Saint-Georges. Ivry-sur-Seine. Marseille. Bordeaux. Les mercredis soirs entre 20h et 22h.
Des amis qui m’aiment pour ce que je suis, et que j’aime pour avoir agrandi mon cœur.

Ce fut aussi l’année où, après de longues hésitations, il y eut une évidence. Celle de connaître l’amour. D’aimer un « ça va », de réparer un « ça ne va pas ». De croire à un « nous ».
D’enterrer la perfection et la peur que ce ne soit pas le bon, pour embrasser l’espérance. Se dire qu’il y a une raison à cette rencontre. Qu’il s’est arrêté. Qu’il m’a vue. Que je l’ai vu. Que nous nous sommes plu.
Et qu’on s’est dit ce mot que l’on prononce à la légère avec des amis, mais avec gravité quand on sait que l’on a basculé sur cet autre chemin qu’est l’amour.

Une année d’espérance

« L’espérance ne déçoit pas. » (Romains 5,5)

C’était le thème du jubilé des jeunes. Je crois pouvoir dire que j’ai appris à le croire.
En 365 jours, tant de choses se passent. Le bilan fut magnifique. Il y eut des drames, des peurs, des doutes. Mais il y eut plus grand, plus fort, plus éloquent que tout cela.

Puisse cette année qui s’achève dans la joie me rappeler que, pour d’autres, elle fut une année de dépouillement et de chute.
Qu’il me soit donné la lucidité de reconnaître que ce fut mon année, sans oublier que cette joie devra m’accompagner les jours sans soleil.
Puisse Dieu m’accorder la grâce de ne pas oublier ses bienfaits lorsque tout semblera ténèbres à mes yeux.

Je vous souhaite une bonne et heureuse année.
Qu’elle soit pour vous ce qu’elle doit être.
Que vous l’accueilliez avec justesse, autant que vous le pourrez.
À l’an 2026.

Écrit par Aliane Umutoniwase

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