Pour les lecteurs anglophones, une version traduite de cet article est disponible ici : The Fragments of October..
Octobre est le mois de ma naissance. C’est un mois où j’abandonne un âge pour un autre, où j’ai tendance à croire à la nouveauté, aux recommencements et parfois à la résignation. Cette année, j’aime penser qu’il a été différent. Que je me suis posé des questions, simplement. Que je me suis risquée à chanter quand il n’y avait plus que l’amour pour parole. Que je me suis laissée guider par les instincts provoqués par les instants. Les pensées d’octobre sont vulnérables et intimistes. Si je devais n’en garder qu’une, ce serait celle-ci : « Joyeux anniversaire à toi qui n’as jamais cessé de te battre pour devenir toi. »
Les pensées
1 Les débuts redonnent le courage de se fixer des objectifs, les objectifs donnent un but, et ce but éclaire notre vision. Chaque début est une chance de se relever, de recommencer, de construire pas à pas une vie digne d’être vécue.
2 Les choses arrivent quand elles le peuvent. On croit parfois qu’elles surgissent par surprise, mais elles naissent souvent de ce que nous avons préparé, réparé ou laissé inachevé, de ce que nous avons osé rêver puis oublié. Rien n’arrive vraiment par hasard : les choses viennent quand le temps, le cœur et la vie leur en ouvrent la possibilité.
3 Parfois on insiste, on résiste à ce que le cœur nous dit d’arrêter. Les signes sont là, les signaux aussi, mais une force obscure nous empêche de les comprendre simplement. Alors on avance, tête baissée, pour le meilleur ou pour le pire. Et souvent, c’est le pire qui nous attend : pour nous apprendre, nous reprendre, nous gifler, ou simplement nous laisser goûter au vin doux de l’entêtement.
4 Qui peut prévoir le moment où la mort s’invite et transforme la vie en deuil ? Qui peut jurer ne pas la craindre, ou prétendre vivre en l’ignorant ? Seuls les enfants le peuvent, mais eux aussi finissent par découvrir, avec le temps, ce que la vie cache derrière ses lumières.
5 La vie est faite de choix, et choisir de la vivre pleinement reste le plus grand de tous.
6 On ne connaît jamais vraiment les gens. On les connaît assez pour les aimer, assez pour souffrir, jamais assez pour deviner le visage qu’ils auront demain.
7 Plus je grandis, plus j’apprends à me connaître, à accepter ma lenteur et à en faire une force. J’aime savoir que je peux m’épanouir dans ce que le monde confond souvent avec la paresse ou le manque d’ambition. Je prends mon temps par nature, et ce temps, loin de me freiner, transforme cet échec apparent en contemplation réussie.
8 Il fut un temps où je répétais machinalement « sois le changement que tu veux voir chez autrui ». Aujourd’hui, je mesure combien cette phrase est vraie, combien elle est exigeante, combien elle demande de force, de désir de devenir et de responsabilité. Grandir, encore et toujours, voilà le véritable combat.
9 Tout est grâce quand on comprend que cela aurait pu être bien pire. Tout est grâce quand le cœur, allégé de sa rancune, retrouve le goût simple du bonheur.
10 Reconnaître les torts du passé aide à pardonner les retards du présent. Cela répare les remords, redonne de la force, et nous apprend à ne plus tordre le passé pour mieux accepter le présent. C’est ainsi que l’on guérit, simplement.
11 C’est un bonheur de s’instruire, de s’ouvrir au monde et de cueillir tout ce que la vie offre à travers les expériences, qu’elles se vivent seule ou avec les autres. La solitude est précieuse lorsqu’elle n’est pas subie, et la compagnie, si riche soit-elle, ne vaut que si l’on sait s’en détacher sans en souffrir.
12 On passe son enfance à vouloir plaire, à remplir les cases et les désirs, à se quitter soi-même pour que la famille ne nous quitte pas. Puis vient l’adolescence, où l’on se quitte encore pour ressembler aux autres, pour que, nous aussi, les gens se rassemblent autour de nous. Et quand enfin l’âge de la raison se présente, se trouver devient la seule quête qui vaille.
13 Fais chaque jour ce que tu peux, même si ce n’est pas toujours ce que tu veux. Ce n’est pas la perfection qui compte, mais la constance. Tant que tu avances avec justesse, tu fais déjà l’essentiel.
14 Nous naissons tous égaux, ou presque, avec des histoires et des milieux différents. Ce qui nous distingue vraiment, ce sont nos pensées. Ce sont elles qui deviennent des idées, des boussoles, qui nous transforment et nous montrent la voie. Nous sommes riches de ce que nous pensons, car la pensée trace toujours le premier chemin vers ce que nous devenons.
15 J’aime croire que Dieu veille, qu’il panse nos plaies quand d’autres les creusent, qu’il nous rend la force quand la vie nous use. J’aime puiser dans cet amour sans fond, cette source inépuisable où le cœur se repose enfin.
16 L’amour est d’abord une amitié sans lucidité. Tout s’y vit dans la démesure, tout s’y ressent avec excès, jusqu’à ce que la vérité s’impose. Peu trouvent alors la force de continuer, mis à nu, fragiles, exposés à leurs failles et à leurs ombres.
17 On apprend autant qu’on désapprend. On apprend le bien comme le mal, et c’est une illusion de croire qu’on grandit toujours. Parfois, on régresse, on chute, et l’on regrette de n’avoir pas su s’en empêcher. Mais cette conscience-là, celle de nos failles et de nos retours en arrière, nous rend un peu plus mûrs, et nous empêche de nous blesser davantage.
18 La vie est faite de fêtes et de défaites. Il faut savoir choisir les premières et accepter les secondes. Parfois, la défaite précède le triomphe et en devient le commencement. L’amour en est la plus belle illustration : on cesse de lutter, et c’est là que l’on commence à être heureux.
19 Le cœur a ses raisons que la raison devine, redoute, mais ne maîtrise pas. Elle voit le danger venir, comprend les blessures à venir, et pourtant se tait devant ce cœur qui refuse la fin, même au bord du désastre.
20 Il y a des jours où l’on se livre pour être délivré de nos peines et de nos doutes. Des jours de partage pour espérer la paix, des jours où l’on cherche à conjurer le mal en implorant le ciel.
21 Quand on n’a que l’amour, on possède encore l’essentiel : la force de croire, la patience d’attendre et le souffle pour tout recommencer.
22 Certains jours portent plus de leçons que d’autres, et l’on ne s’en rend compte qu’après les avoir vécus.
23 La vie est une aventure qui distribue autant de torts que d’amours, de tuiles que de forces, de raisons de croire et de douter. Elle nous donne mille raisons de nous battre, et parfois autant de raisons de déposer les armes quand personne ne s’alarme de nos larmes.
24 Joyeux anniversaire à toi, celle que tu deviens encore, celle qui s’est battue sans éclat, sans témoin, pour exister enfin à son propre nom.
25 La communication est la clé de tant de malentendus. Parler, écouter, reformuler, c’est souvent tout ce qu’il faut pour se comprendre un peu mieux et s’aimer un peu plus.
26 La vie est si belle, si passionnante. Chanceux celui qui la prend comme telle, qui sait en faire une belle histoire, même quand tout ne se déroule pas comme prévu.
27 La vie est une histoire de choix, de commencements, de renoncements, de pertes et de gains. Écrite d’avance, parce qu’on sait tous qu’elle finira. Pour ceux dont l’existence n’a été que souffrance, la mort devient un triomphe, une délivrance après le combat. Mais pour ceux qui, malgré tout, cherchent encore à parfaire leur passage et à goûter au bonheur, la mort garde le goût amer d’une défaite.
28 « Ainsi va la vie », m’a-t-on dit. Et la vie va toujours quelque part. Le temps de la vie, c’est le nôtre, celui où l’on se sent fort et fragile à la fois, vivant et mortel sans vraiment s’en émouvoir. Autant de raisons de se battre, de vouloir s’en sortir, de sortir des rangs, de montrer que l’on est vaillant ou, à défaut, de simplement le désirer et l’espérer.
29 Nous venons tous d’une famille, d’un héritage, d’une mémoire, d’un fardeau. Nous portons en nous ces liens invisibles et indissolubles, qui façonnent nos pas, nos forces et nos manques. Nous venons d’un passé qu’il nous appartient de redresser ou de remercier.
30 La vie est un tourbillon de sentiments, où l’on s’égare parfois, mais où l’on finit toujours par se retrouver un peu.
31 La chance n’est pas seulement d’avoir, mais de voir, d’être et de devenir. C’est là que réside la vraie richesse : dans la conscience de ce que l’on vit, et dans le désir tranquille de continuer à grandir.
Conclusion du mois
Octobre s’achève comme un carnet refermé sur ses confidences. J’y ai retrouvé le fil de ma lenteur, le goût d’apprendre autrement, la foi qui console et la raison qui questionne. J’y ai vu la vie dans toute sa complexité : tendre et rude, généreuse et exigeante. J’ai compris que devenir soi demande du temps, de la patience, parfois du silence. Que la paix n’est pas un état, mais un chemin. Et que malgré les chutes, les doutes et les pertes, il reste toujours un peu d’amour, un peu de foi, un peu de lumière pour continuer à grandir. ai-je noté dans mon carnet.
Et si le cœur vous en dit, poursuivez la lecture à travers les autres fragments de cette année, Septembre, Août, Juillet, Juin, Mai, Avril, Mars, Février et Janvier, pour suivre le fil des saisons d’une même âme en chemin.
Écrit par Aliane UMUTONIWASE
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