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Ce que les pères construisent quand ils restent

Aux pères qui se manquent de temps en temps, Mais aux pères toujours présents. Aux pères qui pleurent sans larmes pour ne pas alarmer. Aux pères qui concèdent leur fragile participation dans la conception, Mais qui ne reculent devant rien dans la construction, Dans l’éducation, dans la vie de leurs progénitures. Aux pères-repères, Aux pères représentants, Aux pères-mères, Aux pères époux, Aux pères aimants, Aux pères endeuillés, Aux pères adoptifs, Aux pères sans enfants, Aux pères qui font les hommes et défont l’injustice, Aux pères qui donnent un nom sans effacer celles qui donnent la vie.

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Poésie: Tout avoir

Tout avoir m’aurait ôté la chance que seuls ceux qui manquent trouvent dans les petites choses de la vie. Tout avoir m’aurait privé de ces élans immenses que seuls ceux qui ont peu nourrissent en rêvant grand. Tout avoir m’aurait appris l’ennui de ne rien chercher, quand on trouve sans même avoir cherché. Tout avoir m’aurait volé la joie de ne désirer que ce qui dépend de l’argent, car je possède ce qui dépend de moi. Tout avoir m’aurait enlevé l’effort du voyage, la force et le courage, la joie après les peines, la générosité de ceux qui m’entourent, l’amour de ceux qui comptent et le pouvoir fragile mais vrai de ceux qu’on aime pour ce qu’ils sont, non pour ce qu’ils représentent.

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Fragments du mois de mai 

Plus je grandis, plus je sens que la partie la plus ancienne de moi, c’est l’enfance. Comme si l’enfant que j’étais contenait déjà tout ce que je suis. Il m’observe encore, depuis ce passé immobile, avec une sagesse étrange. L’enfant en moi est vieux , vieux de toutes les questions que je n’ai jamais cessé de me poser. Une vie ne tient pas seule. Elle s’appuie, elle s’entrelace, elle s’allume au contact d’autres vies. Le partage ne fait pas que relier : il révèle, il élève. Ceux qui comprennent cela savent que donner, c’est parfois la plus belle façon d’exister. Ce qui se termine prépare, consciemment ou non, l’arrivée de ce qui vient.

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Fragments d’un poids : Les petits pas

Embrasser les petits pas, chasser les « pas du tout » pour embrasser les « après tout », cesser les « pourquoi moi ? » pour croire aux « pourquoi pas moi ? » Je n’avais rien à perdre. J’avais tout perdu, sauf le poids de mon corps, celui de mon cœur et celui de mon chagrin. C’est ainsi que j’ai commencé. C’est ainsi que j’ai formulé les premiers « comment faire ». C’est ainsi que j’ai entrepris ce voyage (....) Je ne suis pas à l’abri d’un corps gras, d’un cœur gros ou d’un poids lourd à porter. Mais ce dont je suis certaine, c’est que les gens tombent, touchent le fond… et que, si la providence est avec eux, ils remontent, escaladent leur montagne, émergent, reviennent, et se souviennent. Aujourd’hui, je me souviens.

À la Une La falaise Jules Breton , Musée d'Orsay

Poésie: Il y a de l’espoir, oui…

La semaine dernière, je me suis arrêtée sur ces phrases toutes faites que l’on prononce sans vraiment y penser.Celles que l’on glisse dans les silences, parce qu’elles sonnent bien, parce qu’elles réconfortent ou qu’elles évitent d’avoir à creuser. Elles sont parfois belles, parfois faciles, parfois cruellement à côté. Parmi elles, il y avait cette maxime …

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Poésie: Pour ma mère

Maman, Je t’aime pour ton toit de corps, Je t’aime pour ton amour encore. Je t’aime pour mes premiers pas, Pour tous les « je n’ai pas eu », Que tu m’as transformés en « tu auras ». Je t’aime pour les promesses tenues, Pour ce que tu as ébranlé, Pour me verser dans ce monde peuplé d’inconnus. Merci d’être mère, Merci d’être ma mère. Pour ce qui est du tort, Rien ne saurait contraindre mon sort : Celui de t’aimer non chaque jour, Mais pour toujours.

À la Une Parlons de la vie

Fragments du mois d’Avril

14 La vie est un don dont seuls ceux qui ont connu les abîmes jouissent pleinement. Il y a de la beauté dans le fait d’escalader une montagne, de contempler le chemin à parcourir, de comprendre que rien ne sert de courir sinon de mourir sans avoir connu les joies des détours, des retours, des reprises. C’est la somme des espoirs, des désespoirs, de la difficulté, du chemin, qui fait la qualité du bonheur. Le bonheur qui perdure, c’est celui qu’on a connu à l’issue d’un combat, après plusieurs défaites. La chance sourit aux malchances… et se cache des habitués du plaisir sans effort. 21 L’amitié, c’est cela : aimer comme une évidence, tout ressentir sans honte ni ressentiment. Tout dire, redire. L’amitié, c’est un amour sans gêne, sans âge, aux mille visages, aux mille libertés. Seule la trahison en est l’ennemi numéro un. 29 La vie tient à peu de choses : un corps, un esprit, quelques certitudes, quelques contradictions et doutes. Un équilibre fragile. Un équilibre tellement fragile.

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Voyage: Blaye, la citadelle des secrets

En quittant Blaye, je me suis dit que l’histoire est écrite par des bâtisseurs autant que par des conquérants. Que la main qui construit est souvent aussi celle qui détruit. Visiter une forteresse, c’est accepter de voir l’humain tel qu’il est : capable du plus grand génie comme du plus grand désastre. « Le passé garde la trace de nos failles, mais aujourd’hui encore, chacun est maître de son avenir. » Ai-je noté dans mon carnet

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L’incendie: Le jour où le feu a frappé à ma porte

Un matin d’avril, une odeur. Un cri. Des jambes qui flanchent. Un feu qui monte. Et puis, cette pensée obsédante : « Je suis en vie. J’ai eu de la chance. » Dans ce récit intime d’un incendie, je raconte la peur, l’instinct, le miracle du peu, et cette révélation : parfois, il faut que tout vacille pour se souvenir de ce qui compte.