À la Une femmes

Devant mon miroir

Cela fait quelque temps que les gens meurent chez les voisins.   J’en vois certains partir dans un élan patriotique ,   comme si fermer les yeux effaçait l’horreur,   comme si l’éloignement du sujet était un alibi à l’indifférence.   Je me tais,   pour ne pas m’aventurer sur un terrain vague.   Mais ce silence m’étouffe.   Je suis complice de ce silence.  J’ai honte d’être dans le camp de ceux qui détournent le regard.   Je me déteste de ne pas dire :   Vous qui mourez,   vous n’avez rien demandé.   Je vous pleure.

À la Une Parlons de la vie

Que faites-vous de votre vie ?

J’aime les questions existentielles, elles me rappellent mon enfance, cette époque où tout restait à prendre, à apprendre, dans l’espoir de comprendre. À cette époque-là, j’avais des questions et je cherchais des réponses. Aujourd’hui, j’ai fait taire les questions. Je n’ai toujours pas de réponses, mais j’ai appris à vivre avec des certitudes fondées sur des croyances. Quelle contradiction… Quelle tragédie que de devenir adulte ! Si l’enfance savait, elle ne poserait pas autant de questions aux adultes qui, depuis longtemps, ont renoncé à la magie de chercher.  

What Do You Make of Your Life?

I am drawing it, clumsily, imperfectly. It is a sketch with blurred outlines, with hesitant strokes, but it is mine. Slowly, I am learning to defy conventions, to break the invisible chains that hold me back.   What a contradiction… What a tragedy it is to grow up! If childhood knew, it would not ask so many questions to adults who, long ago, gave up on the magic of searching.  

À la Une

Voyage: Fátima

Toute mon existence, j'ai récité des prières. À Fátima, j'aurais pu faire de même, car c'est ce qu'il y a de plus rassurant : on est certain d'avoir prié. Mais ici, pourtant, j’ai osé autre chose. J’ai osé parler. Parler de ma vie, de ce chaos que je tente d’apprivoiser. J’ai évoqué mes hébergements transitoires, ma solitude qui s'étire, mes inquiétudes qui s’accrochent. J’ai parlé de mes amis, ceux que j’ai cessé de considérer comme tels, ceux qui ignorent encore qu’ils comptent. J’ai évoqué ces étrangers qui, contre toute attente, m’ont offert un soutien inespéré.  J’ai parlé de ma famille, de ceux qui ressentent mes douleurs comme les leurs, de ceux qui souffriraient si je venais à rester dans l’ombre. J’ai murmuré le prénom de mon neveu, ce petit être qui m’a donné mille et une raisons de sourire. J’ai prié pour qu’il retrouve l’appétit. Et en parlant aux autres, en me parlant à moi-même, j’ai découvert un certain apaisement, une lumière discrète mais réelle.

À la Une Lourdes, la grotte

Voyage: Lourdes

Il est si doux de prendre la mesure de sa paix lorsque l'on laisse la peur de côté et que l'on embrasse la joie d'être humain. Faible, mais repentante. Faible, mais soutenue. Si près et si loin à la fois. Cette fois-là, j'étais moi. Je ne ressemblais en rien à ma mère, et j'en étais heureuse. La foi est singulière, unique. On ne peut pas forcer les gens à l'avoir, car personne ne la détient avec certitude. Aimer Dieu librement, c'est s'abandonner à lui, le laisser nous aimer dans nos failles et nos fragilités. C'est explorer nos doutes, et, à défaut de le trouver dans les murs d'une église, le chercher au plus profond de notre cœur. C'est l'appeler comme bon nous semble, le questionner, le défier peut-être, mais toujours le garder près de nous, quoiqu'il advienne. C'est dans cette proximité intime et sincère que réside la véritable foi. Désormais, je passe ma vie à avancer, à chercher à être meilleure qu'hier, non par peur ou par obligation, mais par désir de laisser Dieu agir en moi. Car la foi n'est pas un poids, mais une lumière discrète qui guide mes pas, même dans l'obscurité.

Bruno, my brother 

“ I’m living a dream I know you’d love to experience. I’m aware of that. May this postcard continue to feed your desire to discover this wonderful country, England. I hope you get to live each experience pictured on this card.”   Having a family is good. Having a family that loves you is wonderful. Having a brother who makes you feel this immense love is rare. And I’m lucky to be among those rare few!  

À la Une

Bruno, mon frère 

« Dear Aliane, je vis un rêve que tu aimerais vivre, j’en suis conscient. Que cette carte continue de nourrir cette envie de découvrir ce pays merveilleux qu’est l’Angleterre. Que tu puisses vivre chaque expérience qui est sur cette carte. »   Les larmes coulent, comme une pluie typiquement londonienne. Des larmes de reconnaissance, pour le geste, l’attention, et l’amour que je décèle dans chaque phrase.   Mon frère n’est pas très bavard, mais ses actes sont éloquents. L’autre jour, il m’a suggéré que l’on s’assure de nous voir au moins une fois par mois. Cette attention me touche. Parce que c’est mon frère. Parce que je le connais. Parce que dans son expérience, il a reconnu en moi cette facilité et ce désir de connaître le monde.  

Arsenal, Emirates Stadium

From Highbury to Emirates 

“Whether we win, lose or draw, we are still Gunners,” reminded me why I was here. As I left the stadium, my heart was full of emotions and unforgettable memories. That evening reminded me why I fell in love with Arsenal. Enthusiastic and happy, I knew this moment would remain etched in my memory a dream finally realized.  

Arsenal, Emirates Stadium

De Highbury à Emirates 

Arsenal a été mon premier amour. Un club pas comme les autres, une équipe que j’ai adorée sans même savoir pourquoi. Je l’aimais malgré les années de disette en championnat, malgré les déceptions en Ligue des champions. La seule présence de Thierry Henry et d’Arsène Wenger sur le banc suffisait à me rassurer. Enfant, je trouvais cela évident qu’un homme nommé Arsène soit à la tête d’Arsenal. C’était comme un signe. Comment ne pas aimer cette équipe qui venait d’accomplir un exploit en terminant un championnat sans la moindre défaite, tout en surclassant toutes les équipes espagnoles, y compris le Real Madrid de Zidane, en Ligue des champions ? Je pensais alors, avec ma tête de gamin, que Barcelone serait la cerise sur le gâteau déjà parfait. Le match a débuté à 20h45, et je me sentais invincible, comme l’équipe l’avait été quelques mois plus tôt.